© INTERNEA sa sortie de prison, vendredi dernier, Didier Schuller avait lâché une phrase sibylline : "je ne remercie pas ceux qui m’ont fait partir et qui m’ont maintenu en exil pendant sept ans". Restait à savoir à qui il faisait référence? A priori, on pensait au clan balladurien. Quand l’affaire Schuller-Maréchal éclate à l’hiver 94, ce sont en effet les proches du Premier ministre de l’époque, alors favori de la présidentielle, qui sont dans la ligne de mire du juge Halphen, notamment Patrick Balkany et Charles Pasqua – le magistrat enquête sur les malversations à l’office HLM des Hauts-de-Seine.
Dans une interview donnée au
Monde daté du mercredi 6 mars, l’ancien conseiller général des Hauts-de-Seine désigne clairement ceux qu’il considère comme les vrais "responsables" de sa fuite : les proches de Jacques Chirac. "J’ai fini par comprendre, qu’en 1995, j’avais été utilisé, manipulé par les chiraquiens pour provoquer la chute d’Edouard Balladur" lâche-il dans le quotidien du soir. "Leur influence a été décisive". Et il assène un nom : Francis Szpiner, l’avocat désormais familier de l’Elysée.Parole contre parole
L’ex-maire de Clichy explique que Francis Szpiner, qu’il connaissait depuis une dizaine d’années, l’avait informé d’une perquisition prévue à son domicile (elle se déroulera le 10 février 1995). Pour éviter la confrontation avec les policiers, Didier Schuller se réfugie en Suisse. Et il affirme que c’est sur les conseils de Szpiner qu’il décide de prendre la fuite, tout d’abord aux Bahamas puis à St-Domingue. "Mais j’ignorais alors qu’il était dans l’entourage de Chirac ".
Toujours selon son récit, le 8 mai, juste après la victoire de Jacques Chirac à la présidentielle, il informe Szpiner de son désir de rentrer. "Il m’a répondu OK. Une demi-heure plus tard, il m’a rappelé pour me dire d’attendre ". Un conseil qui lui sera répété plusieurs fois jusqu’à ce que son fils révèle sa cachette en janvier dernier. "Szpiner m’a alors simplement conseillé de tenir trois mois" - donc jusqu’à l’élection présidentielle.
Bien évidemment, Francis Szpiner réfute en bloc ces accusations, qu’il qualifie d’"absurdes". "Lorsqu’il a décidé de quitter la France, il a fait lui-même son choix. On n’oblige pas quelqu’un à partir " souligne-t-il dans Le Monde. Et de balayer l’idée d’une machination chiraquienne destinée à déstabiliser Edouard Balladur.
"Je connaissais bien Jacques Chirac"
Outre cet entretien au Monde, Didier Schuller, dans un plan média bien réglé, a également été interrogé mardi matin sur les ondes de
RTL. Il y a notamment abordé ses rapports avec Jacques Chirac. Lors de son intervention sur TF1 après l’annonce de sa candidature le 11 février, le locataire de l’Elysée avait affirmé qu'il ne connaissait pas "personnellement" Didier Schuller, tout en admettant qu’il s’était " peut-être trouvé dans un endroit avec lui ".L’ancien directeur général de l’office HLM des Hauts-de-Seine n’a pas la même appréciation. "En tant qu'élu local en Ile-de-France, il est normal de rencontrer le maire de Paris, il est normal de rencontrer le président du RPR". Et il conclut : "je connaissais bien Jacques Chirac".
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