© INTERNEFin mars, à Nanterre, huit élus de la ville sont massacrés en plein conseil municipal par un déséquilibré, Richard Durn, qui pratiquait le tir sportif. Le 9 avril, à Vannes, un policier est abattu en plein commissariat par un éleveur armé d'une kalachnikov et en état d’ébriété. Depuis ces deux drames, de nombreux politiques réclament le renforcement du contrôle des armes. La legislation française existante est pourtant déjà l'une des plus strictes dans le monde. Mais le message a été entendu : jeudi, à l'issue d'une réunion avec les ministres de l'Intérieur, de la Justice, de la Défense et de la Jeunesse et des Sports, Lionel Jospin, devant ces faits qui ont "dramatiquement mis en évidence l'insuffisance et le non-respect de la réglementation", a annoncé de nouvelles mesures.
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Les neufs coups de Jospin
Il s’agira tout d’abord d’accélérer la mise en place du décret d'application de la loi sur la sécurité quotidienne du 15 novembre 2001 (selon Lionel Jospin, il devrait être "transmis cette semaine pour un examen par le Conseil d'Etat en urgence") et "d'accentuer encore les mesures prévues". Le Premier ministre a ainsi dévoilé neuf nouvelles mesures destinées à durcir la réglementation sur la détention d'armes, comprenant l'interdiction des armes de 1re catégorie pour le tir sportif, ainsi que celle des armes de 4e catégorie à forte puissance, les armes devant être rendues et neutralisées avant le 1er juillet 2003.
"Opération exceptionnelle" de remise d'armes
Autre restriction : l'obligation d'un certificat médical pour la détention d'arme. Le contrôle administratif sur les armes devrait également être renforcé, avec l'amélioration de la communication entre les préfectures et les clubs de tirs. Autant de mesures qui répondent directement aux inquiétudes nées après le massacre de Nanterre.
Lionel Jospin a également annoncé la constitution prochaine "d'un fichier national des personnes interdites de détention d'armes", et dévoilé le principe d'une "opération exceptionnelle de remise" d'armes détenues illégalement "avant la fin de 2002", sans poursuite pour les détenteurs. Une dernière mesure qui avait déjà été proposée, par le RPF, après le drame de Vannes. A noter que les armes de chasse sont exclues des mesures annoncées ce jeudi…
Les tireurs "boucs-émissaires" La Fédération française de tir (FFTir) accuse les pouvoirs publics de faire des tireurs des "boucs-émissaires" et estime que "ce n'est pas la réglementation qui est en cause, mais sa mise en oeuvre". La FFTir pointe du doigt ce qu'elle estime être les carences en la matière : "fichier national des armes prévu depuis 1995 et jamais mis en œuvre ; personnel en nombre insuffisant et doté d'un matériel obsolète ; absence de contrôle du trafic illégal d'armes à feu dont l'office compétent, créé en 1982, ne disposait jusqu'à la semaine dernière que de trois policiers ; retards importants dans le traitement des dossiers (parfois plus d'un an pour un renouvellement d'autorisation) ; absence de suivi des personnes et des armes". Du côté des policiers, tous les syndicats s'accordent sur le fait qu'avant de modifier ou renforcer les textes en vigueur, il faudrait commencer par les respecter et les faire appliquer. A trois jours du premier tour de scrutin, certains critiquent également l'effet d'annonce de ces mesures et dénoncent l'abscence de consultation. |
Photo d’ouverture : l’annonce de Lionel Jospin, jeudi - DR
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