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Il n'y aura donc pas de traditionnel débat télévisé entre les deux candidats qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle. Depuis l'annonce des résultats du premier tour, la question s'était transformée en véritable polémique.
Dès dimanche soir, Jean-Marie Le Pen avait fait connaître son envie d'affronter Jacques Chirac en face-à-face. Le président-candidat réservait quant à lui sa réponse. Sa porte-parole, Roselyne Bachelot, avait tout d'abord affirmé, tard dimanche, visiblement sans en avoir référé à l'équipe de campagne, que le locataire de l''Elysée accepterait. Dès lundi matin, après une sérieuse remontrance, elle avait nuancé ses propos. Depuis, on évoquait éventuellement l'idée d'un débat à "l'américaine", où les deux candidats seraient interrogés par un journaliste, sans jamais s'adresser la parole. Le leader du Front National avait catégoriquement refusé cette option.
Finalement, Jacques Chirac a tranché la question et a donné sa réponse mardi soir à Rennes, où il tenait son premier meeting de l'entre-deux tours. C'est donc un non ferme et définitif. "Face à l'intolérance et à la haine, il n'y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible" explique le président-candidat. "Pas plus que je n'ai accepté dans le passé d'alliance avec le Front national, et ceci quel qu'en soit le prix, je n'accepterai demain de débat avec son représentant" souligne-t-il.
"Peur de la vérité"
La réaction de Jean-Marie Le Pen n'a pas tardé. Le chef de l'extrême-droite dénonce une "pitoyable dérobade". "Jacques Chirac ne veut pas débattre avec l'adversaire que le peuple lui a choisi. Il a peur d'un candidat sans complaisance, sans connivence, sans complicité. Il a peur de la vérité. Le duelliste qui se dérobe est déshonoré. Il est déshonoré. Il y a des règles d'honneur dans le duel. On ne fait pas des duels seulement avec des copains de bombance, mais aussi avec des adversaires, voire des ennemis" lance Jean-Marie Le Pen. "Le duel est imposé par les règles démocratiques, le peuple l'attendait, l'honneur l'impose". "A quel moment ai-je fait preuve d'intolérance et de haine ? J'ai même accepté de me salir les mains en débattant avec M. Chirac. Il va entendre parler de moi, à moins qu'il ne me fasse abattre" ajoute-t-il.
Quelle sera la réaction des électeurs face à cette décision inédite de l'un des deux candidats ? Selon un sondage CSA, 70 % des Français auraient aimé assister à un débat Chirac-Le Pen.
(photo : Jacques Chirac en meeting à Rennes)
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