Dernière ligne droite au procès Dils

Par , le 22 avril 2002 à 17h37 , mis à jour le 11 octobre 2003 à 20h48

Après dix jours d'audience, le procès en appel de Patrick Dils entre aujourd'hui dans sa phase finale. Le verdict est attendu mercredi soir. Retour sur les principaux points abordés lors des débats.

dils lyon © INTERNE

Plaidoiries des parties civiles aujourd’hui, réquisitions de l’avocat général demain, plaidoiries de la défense après-demain. Le troisième procès de Patrick Dils doit normalement se terminer mercredi soir avec le verdict de la cour d’assises des mineurs du Rhône. A la vue des différents éléments abordés lors des deux premières semaines de débats, le choix des jurés ne sera pas facile. Rien n’est venu affirmer avec certitude la culpabilité de l’accusé, mais rien non plus n’est venu le disculper définitivement du double meurtre d’Alexandre et Cyril, le 28 septembre 1986, à Montigny-lès-Metz.

DES AVEUX PRECIS OU SUGGERES ?
Les premiers jours d’audience ont montré l’irrégularité de la garde à vue au cours de laquelle Patrick Dils,  alors âgé de 16 ans, a avoué le crime, le 28 avril 1987. Surtout, lors de sa première audition par le juge d’instruction le lendemain, il n’était pas assisté d’un avocat. Ses aveux ont-ils alors été "suggérés" ?

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C’est ce qu’il affirme, mettant en avant sa rétractation, un mois après. De leur côté, les enquêteurs qui ont recueilli ses déclarations à l’époque ont pointé la "précision chirurgicale" des détails, et notamment le fait que Patrick Dils ait identifié les pierres ayant servi à tuer les enfants. "ll y a des détails qu'il n'aurait pas pu inventer" soutient l'inspecteur Marchegay.

L’HEURE DU CRIME TOUJOURS EN QUESTION
"Je situe l'heure de la mort entre 17h35 et 20h30, c'est une plage immense mais je peux pas être plus précis". L’audition du docteur Marc-Antoine Leupold, le légiste ayant réalisé l’autopsie des victimes en 1986, n’a pas permis aux jurés d’en savoir plus. Or ce point est fondamental : il est établi que Patrick Dils n’est rentré à Montigny au mieux qu’à 18h40. Un seul témoignage a permis de situer le crime après 18h45. 
Or Francis Hans, le capitaine de gendarmerie chargé du complément d'enquête réalisé après le procès de Reims en 2001, a expliqué que Dils ne pouvait  "être présent sur le talus", à l'endroit des meurtres, "qu'entre 18h46 et 19h00". Si "Dils est l'auteur des faits et qu'il a agi à ce moment-là, alors il est en présence de témoins et on aurait dû l'entendre".

L’OMBRE DE HEAULME CONTINUE DE PLANER
Le témoignage du tueur en série était attendu comme le moment capital du procès. Lundi, deux pêcheurs, qui ne s’étaient manifestés qu’en juillet dernier, ont affirmé l’avoir vu avec le visage en sang près des lieux du crime, dans le créneau horaire théorique. Mardi, Francis Hans a  mis en avant la "quasi-signature criminelle" du routard du crime.
Mercredi, ce dernier, comme il l’avait fait en juin dernier, a nié. "Si j'aurais tué les gamins, je l'aurais dit à Reims, je veux pas m'accuser d'un meurtre que j'ai pas commis".

LA DERNIERE SEMAINE
Les avocats des familles, toujours convaincus de la culpabilité de Patrick Dils, vont réclamer une nouvelle condamnation. François-Louis Coste, l’avocat général, pourrait demander, comme son confrère rémois en 2001, l’acquittement. Acquittement qui sera bien évidemment plaidé par la défense.

Par Fabrice Aubert le 22 avril 2002 à 17:37
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