© INTERNETrois ou quatre hommes encagoulés ont surgi vers 10 heures ce matin dans le service des urgences traumatologiques de l'hôpital Jean-Minjoz de Besançon, où venait d'être admis un détenu. Munis de bombes lacrymogènes et apparement armé le commando a pu libérer le détenu et prendre la fuite. Les malfaiteurs se sont enfuis en enjambant une corniche surplombant le parking de l'hôpital, avant de s'évanouir dans la nature. Lors de la course-poursuite avec les forces de police, l'un des malfrats a perdu un pistolet. Dans la fuite, des coups de feu ont été échangés, sans faire de blessés. Le plan épervier a été déclenché.
Un détenu "très dangereux" dans la nature
Le détenu, Abdlehamid Ferchichi, 23 ans, avait été transféré à l'hôpital après s'être plaint d'une douleur au poignet suite à un exercice de musculation. Selon Christophe Marquez, secrétaire général adjoint FO pénitentiaire interrogé par tf1.fr, le détenu en cavale était incarcéré depuis trois semaines en préventive. Il attendait d'être jugé pour le bracage d'un couple dans la région de Besançon. M. Nahon, procureur de la République, a également indiqué que cet individu avait été plusieurs fois condamné pour des affaires de vols, violences et trafic de stupéfiants.
La sécurité des transferts de détenus pointée du doigt
"Que voulez-vous que nous fassions face à des commandos armésde la sorte ?!" |
Cette évasion fait ressurgir le débat sur les conditions du transfert des détenus vers les urgences hospitalières lorsque des soins sont nécessaires. "Chaque année, il y a des milliers d'extractions de détenus vers les CHU, explique Chritophe Marquez. Normalement, comme cela était le cas aujourd'hui à Besançon, la police se charge d'effectuer la protection lors du transfert prison-hôpital. Mais force est de constater que dans de nombreuses régions de France, en raison du manque d'effectif policier, les préfectures délèguent ces fonctions de sécurité aux personnels pénitentiaires. Un décret ratifié en janvier 2002 va également en ce sens. Mais c'est aberrant lorsque l'on sait que ces personnels pénitentiaires ont pour seule et unique arme un sifflet ! Que voulez-vous que nous fassions face à des commandos armés de la sorte ?!"
Et d'ajouter : "de nombreux rapports ont été faits sur les carences sécuritaires dans les prisons françaises, mais rien n'a encore été fait pour améliorer la situation. Je ne vous donnerai qu'un seul exemple : Il y a deux jours, un détenu qualifié de très dangereux est monté sur le toit de la prison de Fresnes. Il a emprunté exactement le même chemin que celui pris il y a quelques mois de cela par un autre détenu qui s'était évadé par hélicoptère ! Comment se fait-il que ce passage n'ai pas été sécurisé ?" Résultat, explique-t-il : nous avons du faire intervenir le Raid pour le déloger... en attendant que le détenu suivant ne fasse la même tentative".
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