"Faire moins de 30% serait un échec"

Par Franck LEFEBVRE, le 25 avril 2002 à 20h18 , mis à jour le 25 avril 2002 à 20h25

Plus de 30% des voix pour le Front National : jeudi soir sur LCI, Jean-Marie Le Pen a annoncé ce qu'il attend du deuxième tour de la présidentielle. Il a également évoqué la possibilité de "camps de transit" pour les sans-papiers.

Le pen lci © INTERNE

Volontiers ironique quant aux déclarations de Jacques Chirac ou aux manifestations anti-FN, mais mal à l’aise devant des questions précises sur son programme : c’est ainsi qu’est apparu Jean-Marie Le Pen, jeudi soir sur LCI. De manière logique et plutôt attendue, il s’en est pris, dès le début de son intervention, à un président-candidat "chevalier blanc" et "drapé dans le drapeau de la République". Quelques piques aussi en direction de tous les jeunes qui sont descendus dans la rue depuis quatre jours : "la jeunesse dorée qui manifeste".

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Interrogé par ailleurs sur ses objectifs en terme de voix pour le deuxième tour de la présidentielle, le président du Front National a déclaré que s'il était "en dessous de 30%" des voix le 5 mai, il "considérerait que ça n'est pas un succès". Pour ajouter aussitôt : "Mais je pense faire beaucoup mieux. C'est la seule chance de changement qui reste à la France car voter pour (Jacques) Chirac, c'est reprendre le système connu déjà depuis sept ans". Sa victoire, Jean-Marie Le Pen la juge tout à fait possible, car il "croit que le peuple français, qui a eu un formidable sursaut de dignité (le 21 avril), est capable de le pousser jusqu'au bout".

"Je ne suis pas un adversaire de l’Europe"

Reste que, pour sa deuxième prestation télévisée depuis son score-surprise au premier tour de l’élection présidentielle, le président du Front National a de nouveau été placé en position défensive, notamment le dossier européen et sur son programme économique. Sur l’Europe : "Je ne suis pas un adversaire de l’Europe ; je suis pour une Europe des nations, contre cette Europe euromondialiste", affirme le président du FN, qui préconise "la prise de distance vis-à-vis de l’Europe de Maastricht et de Bruxelles" et la suppression de la commission européenne tout en notant : "On peut garder l’euro comme monnaie commune, mais pas comme monnaie unique". Sur son programme économique, le président du FN a affirmé vouloir rétablir les droits de douane aux frontières, "comme le font les Américains", regrettant au passage "la politique française qui a consisté à orienter notre production à l’exportation", ce qui a "fait les affaires d’un certain nombre d’hommes d’affaires, mais pas du pays".

Enfin, Jean-Marie Le Pen a repris un de ses chevaux de bataille : la lutte contre l’immigration, en affirmant : "S'il faut faire des camps d'internement, on fera des camps de transit dans lesquels ils attendront relativement confortablement de rentrer chez eux". Interrogé aussi sur sa volonté de reconduire les chômeurs étrangers en fin de droits, il a assuré que "tout cela se ferait de manière humaine, progressive".

Photo d'ouverture : Jean-Marie Le Pen sur LCI, jeudi soir - DR

Par Franck LEFEBVRE le 25 avril 2002 à 20:18
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