Un gardien de la paix abattu à Vannes

Par , le 09 avril 2002 à 07h59 , mis à jour le 09 avril 2002 à 08h10

Un Gardien de la Paix a été tué dans la nuit de lundi à mardi dans les locaux du commissariat de Vannes par un individu qui a tiré sur lui, à la suite d'un différend que cet individu venait d'avoir avec des automobilistes.

police © INTERNE

Abritée derrière ses remparts, la cité médiévale de Vannes, située au coeur du Golfe du Morbihan, avait la réputation d'une ville paisible. Jusqu'à la nuit de lundi à mardi, où un fonctionnaire de police en poste au commissariat de la ville a été assassiné. A l'origine des faits, une banale altercation entre automobilistes.

Selon nos informations, vers une heure du matin, percutés par un 4x4, des jeunes tentent d'en interpeller  le conducteur qui roule en état d'ébriété et s'apprête à prendre la fuite. Mais l'individu se rebiffe et sort des armes de sa voiture: une kalaschnikov et un revolver Smith et Wesson. Paniqués, les jeunes se précipitent au commissariat. L'individu, furieux, les poursuit et ouvre le feu à l'intérieur du poste.  Toujours selon nos sources, l'homme a eu le temps de vider 25 cartouches, au coup par coup. Un gardien de la Paix, Régis Ryckebusch, marié, sans enfant et âgé de 37 ans, est mortellement touché.

Le tireur fou était connu des services de la police

En 2001, huit gardiens de la paix ont trouvé la mort dans l'exercice de leurs fonctions et plus de 4000 ont été blessés 

Le tireur, Jean-Charles Denis, blessé par balle à l'épaule, est actuellement hospitalisé. Agriculteur et éleveur de chevaux, âgé de 47 ans, l'homme était connu des services de police. Ancien militant du FLB (Front de libération de la Bretagne), il avait été condamné en 1977 par la Cour de sûreté de l'Etat à trois ans de prison ferme pour avoir tiré contre la permanence de M. de Benetot, à l'époque député du Finistère.

"Tandis que le ministre de l'Intérieur devait se rendre sur place dans la journée, Jacques Chirac a "salué le courage" du gardien de la paix décédé et Lionel Jospin témoigné de son "émotion". Cet assassinat est sans doute un acte isolé dont l'enquête devra préciser les circonstances, a déclaré mardi après-midi le député-maire (DL) de Vannes. Mais ce crime odieux ne peut être détaché d'un contexte de déferlement de la violence". Pour François Goulard, "le climat de profonde insécurité qui règne dans notre pays encourage, à n'en pas douter, le passage à l'acte d'individus potentiellement dangereux (...). Face à une crise de cette ampleur, les Français attendaient une autre réaction que la médiocre polémique engagée par M. Jospin sur le vote de la Loi sur la démocratie de proximité. L'urgence est là, les actes doivent suivre".

Indignation des syndicats de police

"Cet officier a donné sa vie pour sauver celle de trois jeunes, réagit Patrice Ribeiro, secrétaire national de Synergie Officiers. Une nouvelle tragédie symptomatique des actes 'isolés' pour reprendre l'expression de nos politiques, mais force est de constater que ces actes isolés sont de plus en plus fréquents", constate-t-il amer.   

"Il faut une implication plus forte de l'Etat et de la Justice à l'égard de tous ceux qui sont détenteurs d'armes".

"Comment se fait-il qu'un fou, connu des services de police, se ballade ainsi en liberté et puisse lâchement assassiner un de nos collègues ? Comment s'est-il procuré une arme de guerre? Provient-elle une nouvelle fois des Balkans ?  renchérit Joaquim Masanet, secrétaire général de l'UNSA, premier syndicat des gardiens de la paix. Il faut une implication plus forte de l'Etat et de la Justice à l'égard de tous ceux qui sont détenteurs d'armes. Cette implication passe par des sanctions beaucoup plus sévères et une législation très restrictive sur les détentions d'armes. Il faudrait notamment prévoir la mise en place d'un fichier national et interdire le port d'arme à toute personne n'étant pas inscrite dans un centre de tir".

"Après les tirs de Roquettes à Béziers, les jets de grenades offensives contre les commissariats de Vitry/Seine et Clichy la Garenne, c’est une arme de guerre qui a été utilisée cette nuit par un individu signalé pour ses tendances violentes", rappelle indigné Jean-Pierre Raynaud, secrétaire général du syndicat national des officiers de police. "Le S.N.O.P attend à présent des mesures immédiates et de grande ampleur contre le trafic d’armes et leur détention. Les actions annoncées contre les sites ciblés doivent être entreprises dés aujourd’hui. L’Office Central de Répression du Trafic des Armes, Explosifs et Matières Sensibles doit être opérationnel au plus tôt".

Par Alexandra Guillet le 09 avril 2002 à 07:59
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience