© INTERNE- tf1.fr : Que pensez-vous du rapport de la gendarmerie qui conclut à la "quasi signature criminelle" de votre client dans le double meurtre de Montigny-lès-Metz en 1986 ?
- Liliane Glock
: Pour moi, ce rapport manque de sérieux et tient du "raisonnement gendarmesque". Pour aboutir à leur conclusion, les enquêteurs ont eu accès aux dossiers des
crimes commis par Francis
Heaulme. Or la manière dont les deux enfants ont été tués (ndlr : le crâne défoncé à coups de pierre)
ne correspond pas au
modus operandi des meurtres reconnus par mon client. Quant au fait que l’une des victimes avait le pantalon baissé, ce n’est pas le cas dans toutes ses affaires. Bref, conclure comme le font les analystes à sa "quasi signature criminelle" me semble très audacieux.
- tf1.fr : Deux nouveaux témoins ont affirmé avoir rencontré Heaulme le soir du meurtre le visage ensanglanté près de la voie ferrée.
- L.G. :
Ce témoignage est le vrai et le seul élément nouveau intervenu depuis le procès de Reims.
 Liliane Glock AFP- |
On est quand même stupéfait qu’il soit aussi tardif. Les deux pêcheurs expliquent qu’ils n'ont jamais raconté leur aventure car la justice avait déjà trouvé son coupable. Mais avec tout le raisonnement médiatique survenu lors de la révision, ils n’ont néanmoins pas bougé, ne se décidant finalement à témoigner qu’en juillet. C’est très étrange.
Qui plus est, Heaulme admet ce que disent les deux hommes. Ils l’ont bien ramené chez lui. En revanche, il est incapable de donner une date précise. Quand je lui demande comment il s’en rappelle, il se contente de répondre : "si les pêcheurs le disent, ça doit être vrai". Bref, ce témoignage ne renverse absolument pas la vapeur."La pression des gendarmes"
- tf1.fr : Lors de ses auditions réalisées lors du supplément d'enquête, Heaulme a donné une nouvelle version.
- L.G. :
Il a en effet expliqué avoir vu les cadavres des enfants et avoir rencontré un homme qui lui aurait dit être l'auteur des faits. Il en a fourni l’identité (ndlr : cet homme avait initialement avoué le
crime aux policiers en 1987 avant Patrick
Dils mais il avait été disculpé)
sans être capable de reconnaître sa photo. Mais dans les deux cas, il s’est immédiatement rétracté. Il a notamment écrit une lettre à la présidente de la cour d’assises où il explique "avoir eu la pression des gendarmes. Je ne savais pas quoi dire". Pour bien déchiffer le contexte, il faut savoir que
Heaulme ne comprend pas le concept du droit au silence. Désormais, dans sa nouvelle version, il affirme qu’il n’est passé sur les lieux du
crime qu’en tout début d’après-midi et que les enfants lui ont jeté des pierres.
- tf1.fr : Serez-vous présente à Lyon ?
- L.G.
: Oui. Bien que cela ne serve juridiquement à rien puisqu’il ne pourra pas être assisté. Mais il tient à ce que ses avocats soient présents.
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