Des mesures de sécurité exceptionnelles

Par , le 01 mai 2002 à 19h54 , mis à jour le 30 avril 2002 à 19h58

Craignant des affrontements, la préfecture de police de Paris a mobilisé plus de 3 500 hommes pour encadrer les manifestations des pro et des anti-Le Pen. De leur côté, les services d’ordre du FN et des syndicats tenteront d’éviter les débordements d’éléments incontrôlés.

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Cinq rassemblements à connotation très politique à quatre jours de l’élection présidentielle. La capitale a été placée sous haute surveillance pour ce 1er mai 2002. La préfecture de police souligne elle-même que son dispositif revêt un "caractère exceptionnel". L’objectif des forces de l’ordre est "de canaliser les manifestations dans le calme en évitant tout contact entre les différentes cortèges et en neutralisant les éventuels provocateurs ou fauteurs de troubles". Dans ce sens, des réunions séparées ont eu lieu avec les services d’ordre du Front National et des syndicats.

Même si les deux cortèges défileront à des endroits et des heures différents, les autorités craignent des débordements d’éléments incontrôlés. Le point le plus sensible sera la cérémonie organisée à 11h sur le pont du Carrousel en hommage à Brahim Bouarram, ce Marocain de 29 ans poussé dans la Seine le 1er mai 1995 par des skinheads en marge du défilé du FN. Or, cette commémoration aura lieu non loin de l'itinéraire emprunté par le cortège du Front national.

Dispositif policier

  • 3.500 policiers, CRS et gendarmes encadreront les différentes manifestations
  • deux hélicoptères de la sécurité civile seront "en alerte"
  • mise en action des 330 caméras existant déjà dans la capitale pour surveiller les cortèges
  • renforcement des mesures préventives de surveillance, en vigueur depuis samedi dans les gares et dans le métro en Ile-de-France
  • Mise en place dès mardi soir de barrières sur le parcours du cortège du Front National
  • Consigne donnée d’arrêter tout porteur d’arme se trouvant à proximité des rassemblements.

Le service d’ordre du Front National
Le "Département Protection Sécurité" (DPS), sorte de garde prétorienne de Jean-Marie Le Pen, en manque de gros bras depuis la scission avec les mégrétistes –il ne compterait plus que 300 militants, devrait appeler en renfort des membres d’Unité radicale, un groupuscule extrémiste issu du GUD. Des agents de société de gardiennage seront également mis à contribution. Les consignes données par Jean-Marie Le Pen sont claires : empêcher à tout prix la présence de skinheads à l’arrière du cortège et éviter une nouvelle affaire Brahim Bouarram. Autre mot d’ordre : faire preuve de "la plus extrême vigilance. Il est tout à fait probable qu'on va essayer de nous provoquer" affirme Le Pen.

Le service d’ordre des syndicats
Le défilé syndical qui aura lieu l’après-midi entre République et Nation –300 000 participants attendus selon les organisateurs- sera encadré par 2 000 membres des différents services d’ordre. Jacques Delallée, le secrétaire de l’Union régionale Ile-de-France de la CGT, a précisé à tf1.fr que sa confédération en fournirait environ 400. "Nous n’avons pas donné de consignes particulières. Pour nous, il s’agit d’une manifestation classique, à l’exception du nombre, plus important que d’habitude " souligne-t-il. Il ne craint pas d’affrontements avec les sympathisants du FN. "Les deux défilés se déroulent à des endroits et à des heures différentes".

Par Fabrice Aubert le 01 mai 2002 à 19:54
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