© INTERNE"Je suis extrêmement content de la décision qui vient d'être rendue mais je n'en mesure pas les conséquences et c'est très frais". Ce sont les premiers mots d'homme libre prononcés par Patrick Dils, aujourd'hui âgé de 31 ans.
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A l’annonce de ce verdict l’acquittant définitivement et proclamant son innocence, Patrick Dils a pleuré et s'est effondré dans les bras de son défenseur, Me Jean-Marc Florand. Dans la salle des pas perdus du palais de Justice de Lyon, le public, principalement composé de son comité de soutien, a longuement applaudi la décision de la cour d'assises.
"Le serrer dans nos bras"
Après être repassé à la prison Saint-Paul de Lyon pour les formalités administratives, Patrick Dils a ensuite vécu sa première soirée d'homme libre. Il va désormais passer quelques semaines de repos au domicile de ses parents à Montigny-lès-Metz avant de prendre un emploi qui lui a déjà été proposé dans une imprimerie de la région parisienne.
Pour Jacqueline Dils, sa mère, "c'est la fin d'un long combat. Enfin, on va pouvoir respirer, enfin on va pouvoir le serrer dans nos bras, on va enfin pouvoir rattraper 15 ans". De leur côté, les familles des victimes sont parties sans faire de déclaration, le visage fermé. "Il s'agit d'une décision politiquement correcte" commente Me Alain Buisson, l'un de leurs avocats.
Trouver le vrai coupable
Si le verdict lyonnais a transformé Patrick Dils en victime de la plus grave erreur judiciaire de la justice française -ses avocats vont demander 2,3 millions d’euros d'indemnisation-, il laisse également un double meurtre horrible non élucidé.
Il s’agit donc désormais de trouver le vrai coupable. Le procureur de la République de Metz, Joël Guitton, a annoncé ce matin que le dossier sur ce double meurtre parviendrait "prochainement au parquet de Metz qui en assurera désormais la charge". "Les décisions d'orientation de cette procédure seront prises rapidement, puis indiquées aux familles des victimes auxquelles une rencontre avec le parquet sera proposée en compagnie de leurs avocats" explique-t-il encore dans un communiqué. Lors de la réouverture prochaine de ce dossier qui se retrouve désormais sans coupable, l’objectif des enquêteurs sera évident : confondre Francis Heaulme. La présence du tueur en série sur les lieux du crime le jour des meurtres avait motivé la procédure de révision. Entendu comme témoin à Reims puis à Lyon, le "routard du crime " a nié les deux fois avoir tué les enfants. Pour Me Florand, il y aura "un procès Heaulme".
(photo : Patrick Dils à sa sortie de prison)
Chronologie de l'affaire 28 septembre 1986 : Cyril Beining et Alexandre Beckrich, deux garçons de huit ans, sont assassinés, le crâne fracassé à coups de pierre. | |
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