© INTERNELa campagne du deuxième tour est bel et bien lancée. Sans débat direct, mais non sans confrontation indirecte, les deux candidats fourbissent leurs armes. Jacques Chirac s'est déplacé ce vendredi à Dreux ; dans cette ville symbolique de la percée électorale du FN en 1983, le président candidat a participé à une "rencontre dialogue" avec des Drouais, en compagnie du maire RPR Gérard Hamel. Jean-Marie Le Pen a occupé les ondes. Le président du Front national a donné une conférence de presse au siège de son parti à St-Cloud ; une heure plus tôt, il était l'invité de la chaîne francophone TV5. A partir de 18 heures, il était l'invité de France Info.
Après deux interventions télévisées où il s’est retrouvé mis en difficulté sur son programme, le président du Front National a décidé de s’attaquer plus directement à Jacques Chirac. Au cours de sa conférence de presse à St-Cloud, en particulier, il a lancé un "appel à un véritable rassemblement national contre le front populaire que Chirac essaie de mettre en place pour se sauver et échapper aux juges".
"Jamais les électeurs n'ont été aussi bafoués"
"Le syndicat général des mafias, des lobbies, les syndicats politiciens et économiques de tout poil est contre ma candidature", a dénoncé Jean-Marie Le Pen. "Je n'ai pour moi qu'un seul allié, mais un allié de poids: c'est le peuple français". Ce "front populaire que Chirac essaie de mettre en place", c'est "pour se sauver et pour échapper aux juges qui l'attendent et qui souhaiteraient parler avec lui d'un certain nombre de problèmes en dehors de son immunité parlementaire". Le président du Front national voit donc le combat du 5 mai comme celui du "justicier contre le justiciable", sachant que "ce que (Jacques Chirac) souhaite essentiellement, c'est encore cinq ans d'impunité". Il a accusé aussi Jacques Chirac de "rejeter les électeurs du FN de façon méprisante et aussi anti-démocratique. Jamais les électeurs n'ont été aussi bafoués et méprisés par leurs dirigeants", a-t-il affirmé, faisant valoir que lors de sa campagne difficile de signatures, des hommes politiques souhaitaient qu'il les obtienne, et considéraient donc qu'il était "démocrate".
Entre deux attaques contre le président-candidat, Jean-Marie Le Pen a tout de même repris quelques-uns de ses thèmes de campagne. Il a déclaré que, s'il était au pouvoir, "l'euro pourrait rester monnaie commune mais non monnaie unique" ; citant le général de Gaulle, il a dit: "un pays, c'est un Etat, une armée, une monnaie", pour mieux souligner que, selon lui, son adversaire Jacques Chirac s'est détourné du gaullisme. Il s’en est pris également au divorce par consentement mutuel, qui selon lui "semble rapprocher beaucoup plus des législations de répudiation arabe, plutôt que des sociétés plus évoluées et plus respectueuses, en particulier des droits de la femme".
Photo d’ouverture : Jean-Marie Le Pen lors de sa conférence de presse, vendredi, à Saint-Cloud - DR
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