Le Pen efface Jospin

Par L.V., le 21 avril 2002 à 19h22 , mis à jour le 21 avril 2002 à 19h54

Selon les estimations Sofres/Bull, le président du FN Jean-Marie Le Pen se qualifierait pour le deuxième tour, avec 17% des voix. Jacques Chirac est arrivé en tête, avec 19,9%. Tirant les leçons de sa défaite au premier tour, Lionel Jospin, qui n'obtient que 16,3%, a annoncé qu'il quitterait la vie politique, après le 5 mai.

Jean Marie Le Pen © INTERNE

Présidentielles 2002
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"Une grande défaite des deux leaders de l'établissement." Jean-Marie exultait, dimanche soir à 20 heures, après que les instituts de sondages eurent publiés leurs premières sondages. Selon les dernières estimations de l'institut Sofres/Bull peu après 21 heures, le leader du Front national est toujours qualifié pour le second tour avec 17%, en compagnie du président sortant Jacques Chirac, qui obtient 19,9%. Mais le Premier ministre sortant Lionel Jospin, donné largement battu dans un premier temps, n'est plus qu'à un demi-point du président du FN, avec 16,3% des voix.

Selon un sondage Sofres/Bull publié à 22h30, Jacques Chirac serait réélu le 5 mai, au second tour de l'élection présidentielle, avec 78% des voix contre 22% à Jean-Marie Le Pen.

François Bayrou (UDF) : 6,7%
Arlette Laguiller (LO) : 6,0%
Jean-Pierre Chevènement (MDC) : 5,5%
Noël Mamère (Verts) : 5,2%
Olivier Besancenot (LCR) : 4,3%
Jean Saint-Josse (CPNT) : 4,0%
Alain Madelin (DL) : 3,7%
Robert Hue (PCF) : 3,6%
Bruno Megret (MNR) : 2,4%
Corinne Lepage (Cap 21) : 1,8%
Christiane Taubira (PRG) : 2,2%
Christine Boutin (diss. UDF) : 1,2%
Daniel Gluckstein (PT) : 0,5%

Dans une intervention empreinte de solennité, le Premier ministre sortant Lionel Jospin a annoncé qu'il se retirerait de la vie politique après la fin de l'élection présidentielle, déclarant assumer "pleinement la responsabilité" de son "échec", après son élimination. Il a évoqué des résultats "comme un coup de tonnerre". Il a appelé "les socialistes et la gauche à se mobiliser et à se rassembler dès maintenant pour les élections législatives afin de préparer la reconstruction de l'avenir."

Jacques Chirac, peu avant 23 heures, a voulu parler "avec gravité, force et détermination". "Ce qui est en cause, a-t-il déclaré, c'est notre cohésion nationale, les valeurs de la République, l'idée même que nous nous faisons de l'homme". Evoquant à mots couverts Jean-Marie Le Pen, il a affirmé que "le rejet et le mécontentement ne saurait fonder une véritable politique". Il a appelé les Français a se rassembler sur son nom, car "le rassemblement est possible et il est nécessaire. Le moment du choix est désormais devant vous." "La République est entre vos mains", a-t-il lancé à l'adresse de "chacune des Françaises et chacun des Français", ajoutant : "J'ai besoin de vous."

Laguiller ne donne pas de consigne de vote

Jacques Chirac (RPR)

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Jean-Marie Le Pen (FN)

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Peu avant 20H30, Arlette Laguiller, candidate de Lutte ouvrière, a déclaré qu'elle "n'appellera pas à voter Chirac au second tour", rejetant la faute de la qualification de Jean-Marie Le Pen sur les tentations centristes de Lionel Jospin.

"Ce soir je crois qu'il y a un séisme politique dans ce pays, a pour sa part affirmé le candidat Olivier Besancenot (LCR). Le Front national c'est pour nous un courant qui représente l'héritage de Vichy, qui représente l'héritage du fascisme, de millions de morts, de crimes nazis, nombreux pendant la seconde guerre mondiale", a-t-il ajouté. "Je partage la tristesse de millions de personnes qui sont apeurées par le retour du fascisme dans ce pays et particulièrement le sort des millions d'immigrés qui doivent avoir particulièrement peur ce soir", a-t-il encore dit, ajoutant que "l'heure est maintenant à refonder l'espoir à gauche"

"Ce qui se passe ce soir, si les résultats sont confirmés, est d'une extrême gravité, a quant à lui déclaré le ministre Jean-Claude Gayssot (PCF). Nous sommes face à un réel danger", a-t-il ajouté. L'élu ommuniste a insisté sur la nécessité d'en "tirer tous les enseignements", pointant la responsabilité tant du président sortant, qui "a axé toute sa campagne sur la sécurité faisant le jeu de l'extrémisme de droite, mais aussi responsabilité de la gauche plurielle et de ceux qui disent 'la gauche et la droite, c'est pareil'."

Le porte-parole du PS Vincent Peillon a déclaré sur France 2 que son parti allait "être conduit à soutenir le candidat Jacques Chirac face à la xénophobie et au racisme du candidat non républicain qu'est Jean-Marie Le Pen".

Madelin prédit une cohabitation

"Tous les ingrédients hélas me paraissent réunis pour qu'on retrouve une nouvelle fois une cohabitation" à l'issue des prochaines législatives, "ce que je ne souhaite pas pour mon pays", a déclaré Alain Madelin, crédité de 3,8% des voix. En 1995, il y avait un "élan réformateur", mais "on ne peut pas dire cela ce soir" alors qu'"on en a besoin au deuxième tour pour rassembler". Commentant le score de l'extrême droite, M. Madelin a indiqué : "Il y a une leçon à tirer pour la droite et l'opposition : on n'a pas fait notre travail, sinon il n'y aurait pas un tel score de Jean-Marie Le Pen."

François Bayrou, candidat UDF à la présidentielle a appelé à "faire barrage à l'extrême-droite" au deuxième tour.

"C'est une nouvelle bien préocuppante pour la France que le poids des extrêmes, cela nous interpelle tous, c'est le résultat de cinq ans d'inaction de la part des socialistes et la condamnation de la naïveté de Lionel Jospin, a pour sa part déclaré Nicolas Sarkozy sur le plateau de France 2. C'est le résultat de l'exaspération de nos compatriotes et de l'incompréhension des Français." "La vérité, c'est que nous assistons ce soir à un événement considérable, a observé le RPR François Fillon, mais personne ne peut s'en réjouir parce qu'il fragilise notre pays et qu'il montre à quel point notre système politique est aujourd'hui malade."

"J'appelle au rassemblement de tous les républicains, de tous les hommes, femmes, attachés aux libertés fondamentales et aux droits de l'Homme, J'appelle évidemment à voter Jacques Chirac et à faire échec à Jean-Marie Le Pen", a déclaré sur France 2 la candidate Corinne Lepage (Cap 21) en direct de son QG de campagne.

Un débat Chirac-Le Pen ?

Autour de 22h30, le candidat du Front National Jean-Marie Le Pen a déclaré devant des journalistes qu'il était prêt "à rencontrer Jacques Chirac quand il veut et où il veut" et qu'il était favorable à un débat télévisé, avec son rival du second tour.

Par L.V. le 21 avril 2002 à 19:22
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