Quatrième jour de mobilisation contre le FN

Par Franck LEFEBVRE, le 25 avril 2002 à 16h47 , mis à jour le 25 avril 2002 à 16h59

Depuis l'annonce des résultats du premier tour de la présidentielle, les manifestations sont quotidiennes. Ce jeudi, plus de 200.000 jeunes, collégiens, lycéens et étudiants, ont défilé dans des dizaines de villes de France pour dire "non" au FN.

manif anti fn © INTERNE

Les conséquences de l’onde de choc du premier tour de la présidentielle continuent à se faire sentir un peu partout en France… et particulièrement dans la rue. Ce jeudi, pour la quatrième journée consécutive de manifestations, ce sont plus de 200.000 jeunes, étudiants et lycéens, dans la métropole aussi bien que dans les départements et territoires d’outre-mer, qui ont choisi de manifester pour dire leur refus du FN.

Comme les jours précédents, pas de cortège massif, plutôt une multiplication de manifestations dans de très nombreuses villes de France : le nombre de manifestants allait, selon les agglomérations, de quelques centaines à plusieurs milliers. Avec une constante : les manifestations, spontanées au soir du premier tour, sont de plus en plus organisées. Les cortèges les plus importants se sont formés à Nantes, avec 15.000 jeunes, à Avignon avec près de 9.000 manifestants, à Lyon avec un défilé de 7.000 jeunes, mais aussi à Toulouse, Vannes, Saint-Nazaire, Montpellier, Roanne, Strasbourg, Marseille… Et ce n’est qu’un survol rapide des principales villes concernées. Au total, ce sont des dizaines de cortèges qui ont défilé au cours de la journée de jeudi.

Si la plupart des manifestations se sont déroulées dans une ambiance bon enfant, et sans déboucher sur une confrontation avec des partisans du FN, beaucoup craignent qu’il n’en soit pas de même lors du 1er mai, qui devrait être le point d'orgue de cette mobilisation anti-FN. Les militants d’extrême-droite n’ont en effet pas l’intention d’abandonner leur traditionnel défilé en l’honneur de Jeanne d’Arc. Officiellement, celui-ci devrait se dérouler "comme les années précédentes" à Paris, entre les places du Châtelet et de l'Opéra. En réalité, les négociations concernant ce parcours se poursuivent, et le nombre de policiers qui seront mobilisés n'a pas encore été arrêté avec précision. La gauche et les syndicats appellent en effet de leur côté à la non moins traditionnelle manifestation de la fête du travail - cette année plus particulièrement dirigée contre l'extrême droite – dans la même ville, entre la place de la République et la place de la Nation, via la place de la Bastille. Les efforts de la police viseront notamment à "bien isoler" les manifestants de ces deux cortèges distincts. Bruno Gollnisch, directeur de campagne de Jean-Marie Le Pen, a assuré que "toutes les précautions seront prises" pour éviter des incidents.

L'explosion des demandes de procuration

Autre illustration du choc du premier tour... et de la mobilisation électorale qui s’annonce pour le deuxième : le nombre de demandes de procuration est en forte croissance. Un fait que signalent notamment les tribunaux et commissariats de Marseille. "Ils tiennent absolument à voter", déclare-t-on au greffe du tribunal d'instance de Marseille. "Dès le lundi" qui a suivi le premier tour et le résultat surprise de Jean-Marie Le Pen, "énormément de gens" ont fait la queue pour une procuration. A la préfecture des Bouches-du-Rhône, on confirme que "le nombre de formulaires distribués (aux tribunaux, commissariats et gendarmeries) pour des demandes de procuration a doublé" par rapport à l'élection de 1995, passant de 10.000 à 20.000.

Par Franck LEFEBVRE le 25 avril 2002 à 16:47
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