© INTERNERetrouvez documents et informations sur cette manifestation sur le site de Ban Public
Depuis 1980, le nombre de suicides dans les prisons françaises a augmenté de 200%. De 39 en 1980, il est passé à 95 en 1992, puis 125 en 1999 et 121 en 2000. D'après les statistiques, cinq personnes devraient se suicider en prison dans les 15 prochains jours. Pour sensibiliser l'opinion publique à ce problème et face au silence de l'Administration pénitentiaire, les associations Information sans frontières et Ban public organisent, les 13 et 14 avril, place de la Bastille à Paris, l'opération "parloirs à ciel ouvert". "Dans des parloirs reconstitués, explique Jérôme Erbin, président de Ban Public, les Parisiens pourront parler directement avec des anciens détenus longues peines et avec des familles de détenus morts en prison".
Un observatoire du suicide en milieu carcéral
Cette manifestation sonnera également le coup d'envoi de "l'Observatoire du suicide en prison". A partir des informations communiquées par les familles des détenus, les acteurs sociaux, les associations, les médecins et les détenus, l'observatoire aura pour mission de dresser une cartographie indispensable à une prévention plus efficace des suicides. L'objectif numéro un est d'établir une comptabilité exacte des suicides en milieu carcéral. "Les chiffres existent, explique Juliette Serfati, journaliste en charge de l'enquête. Simplement, l'Etat, par la voix de l'Administration pénitentiaire, ne souhaite pas les rendre publics. Un peu comme si la presse avait tort de s'intéresser à ces questions".
L'administration pénitentiaire épinglée
"Il est sûre que la population carcérale est une population à risque, explique Philippe Carrière, psychiatre en prison. Des enquêtes assurent qu'un détenu sur deux a déjà fait une tentative de suicide avant l'incarcération.(…) S'ils se retrouvent là, c'est souvent qu'ils sont incapables de canaliser leurs angoisses et qu'ils sont passés à l'acte. Ils recommencent à l'intérieur, et retournent alors la violence contre eux-mêmes". Mais cela ne suffit pas à expliquer les lacunes et manques de moyens de l'administration pénitentiaire pour surveiller ses pensionnaires. "J'ai l'exemple récent d'un jeune gars qui a tenté de se suicider dans sa cellule, argumente Philippe Carrière. Pour le punir, les surveillants n'ont rien trouvé de mieux que de le mettre au mitard. Cela semble fou, mais c'est pourtant assez fréquent".
Pour la première fois, l'administration a été condamnée en décembre 2001 après le suicide d'un détenu : l'avocat Maître Etienne Noël a fait condamner l'Etat pour "faute lourde" et non-assistance à personne en danger dans l'affaire Thomas.
Le suicide en prison en quelques chiffres -3 tentatives de suicide par jour
|
Retour MYTF1
Chargement en cours...



