Bernard Menez enfile son costume de…candidat

Par Judith Korber, le 29 mai 2002 à 16h57 , mis à jour le 28 mai 2002 à 17h04

Le comédien Bernard Menez fait son entrée dans l'arène politique en se présentant dans le XVe arrondissement de la capitale face à Edouard Balladur. Un de ses principaux défis : crédibiliser sa candidature.

menez bernard © INTERNE

tf1.fr : Comment est venue la décision de vous lancer en politique et pourquoi les législatives ?

Depuis toujours, je me suis intéressé aux autres, soit dans l'enseignement (NDLR : il a été professeur de mathématiques), soit par le divertissement ou à travers l'association, les Polymusclés, que je préside. La décision de me présenter remonte à sept ans, mais la dissolution de 1997 m'a pris de cours et ne m'a pas laissé le temps de convaincre les gens du sérieux de ma démarche. J'ai donc décidé de remettre ça pour les législatives de 2002. Je n'ai pas voulu me présenter aux municipales pour ne pas être obligé de composer avec des colistiers. Je préfère les législatives où je peux être réellement indépendant. Pour moi, c'est l'élection la plus démocratique.

tf1.fr : Vous avez décidé de vous présenter sans étiquette, pourquoi un tel choix ?

Je ne suis pas partisan du "tous pourris". Il y a de bonnes choses à gauche comme à droite. Mais malheureusement, les grands partis, aux sources de revenus douteuses, squattent complètement le paysage politique et parachutent ici ou là des candidats. Ce n'est pas louable. La gauche a laissé passer des années de croissance en s'arc-boutant sur les 35 heures. La droite n'a pas fait mieux, on se souvient des grèves sous Juppé. Il est inquiétant de penser qu'elle risque d'avoir tous les pouvoirs si elle remporte les élections.

tf1.fr : Le Cédi, un syndicat de défense des artisans et petits commerçants soutient votre candidature. Ce syndicat est parfois assimilé à un mouvement poujadiste, quel est votre sentiment ?

Le Sénat serait pour M. Balladur une maison de retraite confortable

Le Cédi est un syndicat apolitique issu d'une dissidence au sein du mouvement poujadiste dont il s'est complètement détaché. Associer ma candidature au poujadisme est un amalgame qui n'a rien à voir avec moi. Ma femme est espagnole, et ma suppléante, Karine Cohen, est juive. Je réfute toute accointance avec la droite conservatrice et encore moins avec l'extrême droite. Mes propositions sur la baisse des charges sociales et de la TVA se retrouvent à droite comme à gauche. Avec le Cédi, je me place sur un plan humanitaire, presque gauchisant.

tf1.fr : Comment réagissent les habitants du XVe arrondissement face à votre candidature ?

Il y a un progrès, les gens dépassent mon statut d'acteur, ils sont au courant de ma candidature qui a été largement médiatisée. Sur les marchés, nous sommes accueillis par de grands sourires. Les habitants ont espoir qu'il se passe quelque chose dans le XVe et que quelqu'un puisse "ouvrir sa gueule" sans être asservi aux directives d'un parti. Je suis de plus en plus crédible. Dans la conjoncture actuelle du XVe, je suis le troisième homme. En cas de triangulaire si le PS est raisonnable je peux renverser Balladur.

tf1.fr : Un mot sur votre adversaire, Edouard Balladur

Edouard Balladur ne connaît rien à la jeunesse ou à la situation précaire des chômeurs. C'est malheureux d'être représenté par un monsieur qui n'est élu que grâce à la machine financière d'un grand parti. L'année dernière aux municipales, il a montré un mépris souverain pour ses électeurs. Il a proposé une liste concurrente pour faire tomber son collègue M. Galy-Dejean. Ils se sont invectivés comme des gamins puis au second tour devant les résultats décevants de M. Balladur ils se sont rabibochés. C'était pitoyable. Le Sénat serait pour lui une maison de retraite confortable.

tf1.fr : Si vous êtes élu, mettrez-vous votre carrière artistique entre parenthèse ?

Je joue actuellement dans "patates" au théâtre des Nouveautés. Tous les matins, je me lève à sept heures comme un candidat citoyen ce que je reste jusqu'à dix-neuf heures, moment où je deviens comédien. Le métier d'acteur est un métier souple qui s'adapterait facilement à la responsabilité de député. A mon sens, je serais plus libre de mon temps que n'importe quel élu qui cumule deux ou trois mandats. En résumé je dirais qu'être acteur reste ma passion mais qu'être élu deviendrait ma priorité.

Par Judith Korber le 29 mai 2002 à 16:57
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1 Commentaires

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  • rida53, le 25/02/2010 à 17h08

    Si c'est lui qui avait fait professeur de mathématiques à Mateur en TUNISIE (1979-1980);c'est que c'est un monsieur dynamique;motivé et ambutieux.

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