© INTERNELe film d'animation semble désormais faire partie intégrante du festival de Cannes. Après Shrek, présenté l'année dernière en compétition, le studio DreamWorks revient sur la Croisette avec Spirit, l'étalon des plaines, un western vu par les yeux d'un cheval mustang confronté aux premiers pionniers de la conquête de l'Ouest. Ce film d'animation ne comporte presque pas de dialogues, puisque les chevaux ne parlent pas, et met en valeur la musique composée par Hans Zimmer. Selon son producteur, Jeffrey Katzenberg, ce long métrage constitue le plus grand défi technologique relevé par le studio. Il consistait à associer l'animation manuelle traditionnelle et la technologie actuelle afin de créer un film qui tire le meilleur parti possible de ces deux univers. La présentation cannoise sera événementielle puisque pendant la projection, Hans Zimmer et son orchestre joueront en direct la musique du film et Bryan Adams en interprètera les chansons. Le film devrait sortir sur les écrans français début octobre.
De Oliveira toujours là
La compétition accueille aujourd'hui le doyen des cinéastes en la personne de Manoel de Oliveira. C'est la cinquième fois que le réalisateur portugais, âgé de 93 ans, concourre pour la Palme d'Or mais est toujours reparti sans la récompense suprême. Cette année, il présente Le Principe de l'innocence. Antonio le bien né et José, le fils de la servante qui l'a élevé, ont tout partagé pendant leur enfance, sous le regard de la domestique attentive à leurs moindres gestes et désirs. Antonio épouse Camila, dont José est depuis toujours amoureux. Antonio a pour amante la vénéneuse Vanessa patronne de bordel, associée de José dans des affaires mystérieuses et peu recommandables. Le diable veille et bouleversera le stratagème inventé par la domestique pour offrir une meilleure vie à son fils. Chacun finira en enfer. Avec cette l'adaptation d'un livre de la romancière Agustina Bessa-Luis, le cinéaste revient à son style favori, le cinéma littéraire et esthétique. Le jury sera-t-il sensible ?
Les années new-wave
La Grande-Bretagne est très bien représentée cette année en compétition officielle. Après Mike Leigh, et avant Ken Loach, c'est Michael Winterbottom qui présente samedi son très musical, 24 Hour Party People. Le réalisateur anglais est en compétition pour la troisième fois avec ce film qui retrace l'aventure de la maison de disque Factory Records, label new-wave qui édita notamment Joy Division, Happy Mondays et New Order. Winterbottom est toujours reparti bredouille des grands festivals et est toujours à la recherche d'un prix. La new-wave pourrait lui porter bonheur.
La violence des favellas
La journée cannoise se terminera par la projection en séance spéciale de La Cité des dieux du Brésilien Fernando Meirelles et produit par Walter Salles, membre du jury. Cette présence expliquerait logiquement sa présentation hors compétition. Le film raconte le destin, sur une vingtaine d'années, de plusieurs personnes d'une favela de Rio. Le film, tiré d'un roman très violent qui a remporté un vif succès au Brésil, se déroule à travers le regard d'un gamin.
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