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Châlons-en-Champagne, dans la Marne. C'est là que le locataire de l'Elysée a choisi de terminer aujourd'hui sa campagne. Il y tiendra une réunion dialogue, en présence du député-maire RPR Bruno Bourg-Broc, avec le conseil municipal des jeunes de la ville.
Hier soir, Jacques Chirac est entré dans la dernière ligne de droite de sa course à la réélection. Après Jean-Marie Le Pen mardi, le président-candidat est tout d'abord intervenu dans le journal de 20h de TF1. Interrogé par Patrick Poivre d'Arvor et François Bachy, il a abordé plusieurs thèmes qui se sont dégagés lors de la campagne du second tour. Concernant les manifestations du 1er mai contre le Front National, il a indiqué qu'elles lui avaient inspiré une "grande satisfaction", jugeant qu'elles avaient exprimé "une vraie unité sur la défense de l'essentiel". "La France, les Français ont réagi avec fermeté et dignité. Toutes ces manifestations montrent que les Français n'auront jamais été aussi conscients de ce qui les unit" a déclaré l'hôte de l'Elysée, qui a notamment salué la façon dont les jeunes "ont manifesté avec spontanéité, enthousiasme, détermination mais aussi dignité".
"Pas un problème de score"
Il a également souligné qu'il souhaitait mettre en place, s'il était élu, "une équipe qui soit éloignée de toute préoccupation politicienne", faisant valoir que "la seule exigence politique, c'est le service des citoyens et le service de sa patrie". Il a néanmoins refusé de dessiner le "profil" d'un futur Premier ministre.
Répondant à une question sur l'ampleur du score qu'il pourrait réaliser dimanche, il a noté que l'élection d'un président de la République "n'est pas un problème de score". "A partir du moment où la démocratie s'est exprimée, la République s'est donnée un président. Et il est le président de tous les Français, sans aucune exception".
Grand-messe contre l'extrémisme à Villepinte
Point d'orgue de la journée comme de la campagne, Jacques Chirac a tenu ensuite à Villepinte, en région parisienne, le dernier meeting de son entre-deux tours. La réunion, à laquelle participait plus de 20 000 personnes, s'est transformée en fête populaire. Dans l'assistance, on notait notamment Alain Madelin, le candidat DL au premier tour (qui a été cité par Jean-Marie Le Pen dans la journée comme un de ses possibles Premier ministre), Michèle Alliot-Marie, la présidente du RPR, Philippe Séguin, Corinne Lepage, Christine Boutin (deux autres candidates du premier tour), Antoine Rufenacht, Alain Juppé, Philippe Douste-Blazy ou encore Nicolas Sarkozy. Le premier rang était réservé aux personnalités du showbiz, de Line Renaud à l'incontournable David Douillet, en passant par l'ex-miss France élodie Gossuin ou le tennisman Henri Leconte.
Après une demie heure de bain de foule pour atteindre la tribune, Jacques Chirac a prononcé un long discours, vibrant plaidoyer contre "l'extrémisme qui dégrade et salit l'image et même l'honneur de la France" et les dirigeants de l'extrême droite qui assument aujourd'hui "un passé de honte" et "de trahison". "Aux heures sombres, les dirigeants de l'extrême droite ont trahi le peuple français en s'alliant aux forces du mal et aux ennemis de la patrie. Aux jours de danger pour la République, ils appelaient à abattre le général de Gaulle" a-t-il lancé sous les applaudissements d'une foule en délire.
Jacques Chirac a également donné deux entretiens à Ouest France et au Télégramme de Brest, publiés ce matin dans la presse. Dans le premier, il demande aux électeurs de gauche de "faire barrage à l'extrême droite", qui est "aujourd'hui le danger". Dans le second, il souligne qu'il n'entend pas "changer de République", tout en souhaitant "donner plus souvent la parole aux Français".
(photo : Jacques Chirac en meeting à Villepinte)
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