© INTERNEPromesse de campagne de Jacques Chirac, le Conseil de sécurité intérieure n’a pas tardé à exister concrétement. Créé mercredi dernier par décret lors du Conseil des ministres, il a tenu sa première réunion vendredi matin. Les plus sceptiques disent qu’il ne s’agit que d'une simple "continuité" du passé – le CSI avait été mis en place en 1986 par Jacques Chirac puis repris par le gouvernement Rocard en 1988. Les plus enthousiastes soulignent en revanche qu’il correspond à l’affirmation d’une volonté de lutter contre la délinquance. Sa mission : "impulser" la politique de sécurité intérieure, veiller à sa coordination, assurer son évaluation et garantir "l'adéquation des moyens aux enjeux".
Placé désormais sous l'autorité directe du chef de l'Etat, le CSI est géré au quotidien par Philippe Massoni, l’ancien préfet de police de Paris. Pour cette première, outre le président de la République et le Premier ministre, étaient présents : les ministres de l'Intérieur (Nicolas Sarkozy), des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité (François Fillon), de la Justice (Dominique Perben), de la Défense (Michèle Alliot-Marie), de l'Economie et des Finances (Francis Mer), de l'Outre-Mer (Brigitte Girardin) ainsi que les ministres délégué à la Ville (Jean-Louis Borloo) et au Budget (Alain Lambert).
Le mot d’ordre de la réunion : discrétion. L’ordre du jour n’avait ainsi pas été dévoilé et aucun participant n'a fait de déclaration à sa sortie du palais présidentiel. Nicolas Sarkozy avait néanmoins annoncé que le CSI allait créer officiellement les 28 Groupements d'intervention régionaux (GIR), au sein desquels policiers, gendarmes, douaniers et agents du fisc travailleront en commun contre les réseaux de délinquance, et dont le premier sera installé à Strasbourg.
Massoni, grand flic et fin politicien Agé de 66 ans, ancien préfet de police de Paris sous la droite et la gauche. Philippe Massoni, secrétaire général du CSI, connaît par cœur les arcanes de la police et de la politique. D’origine corse, il entre dans la police à 26 ans, choisit la préfecture de police de Paris et opte pour les Renseignements généraux où il officie de 1968 à 1974 avec pour mission de surveiller les milieux gauchistes. En 1976, Jacques Chirac, alors Premier ministre, le nomme conseiller technique pour la sécurité. En 1980, il revient à la préfecture comme directeur des services techniques. En 1986, il devient directeur de cabinet de Robert Pandraud puis Charles Pasqua à l'Intérieur. Son principal fait d’armes : l’arrestation des membres d'Action directe en 1987. En 1993, il accède au "saint des saints" en devenant préfet de police de Paris. Il reste huit ans -un record- à ce poste qu'il occupe sous deux présidents de la République, trois Premiers ministres et quatre ministres de l'Intérieur de droite et de gauche. Il est prorogé par la gauche à son poste, au-delà de l'âge de sa retraite, dans des conditions contestées. Nommé au Conseil d'Etat, il ne reste pas longtemps inactif et est appelé par Jacques Chirac en octobre 2001 pour s'occuper des questions de sécurité. | |
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