© INTERNELe symbole était fort… et il n’a pas tardé à être repris et commenté dans la classe politique. Samedi soir, lors de la finale de la Coupe de France, la Marseillaise a été copieusement sifflée. Des sifflements qui ont eu le don de provoquer la fureur de Jacques Chirac, présent dans la tribune du Stade de France, au point que le chef de l’Etat a exigé des excuses publiques de la part de la Fédération française de football. A l’origine de ces sifflements intempestifs : des spectateurs bastiais. Une provocation, on le sait aujourd’hui, volontaire et calculée : lorsqu’ont retenti les premières huées contre l’hymne national, des drapeaux nationalistes corses ont fait leur apparition dans les rangs des Bastiais…
Invité dimanche soir du Grand Jury RTL-Le Monde-LCI, Patrick Devedjian, le tout nouveau ministre délégué aux Libertés locales, ne pouvait manquer de commenter les implications, éminemment politiques, de l’événement. Il a d’emblée réaffirmé la mort du processus de Matignon : pas question de déléguer aux régions des pouvoirs législatifs. "Si nous voulons que la République reste la République c'est-à-dire fondée sur la liberté, l'égalité, la fraternité, cela me paraît difficile de déléguer des pouvoirs législatifs", a-t-il indiqué, soulignant qu'"en revanche, le bloc réglementaire est très vaste". Plus de décentralisation, mais pas de statut particulier pour la Corse…
Les limites à ne pas franchir
Commentant plus précisément l’incident du Stade de France, le ministre délégué aux Libertés locales a jugé "naturelle" la réaction du chef d l’Etat, signe, selon lui, d’une volonté de porter "un coup d'arrêt" au "délitement du pacte républicain". Jacques Chirac "a bien montré qu'il y avait des limites que lui-même ne laisserait pas franchir. Le président de la République est le gardien des fondements de notre démocratie, de notre République et de ses symboles, dont la Marseillaise est un des plus forts", a souligné Patrick Devedjian.
Jacques Chirac "n'a pas fait en vain sa campagne sur le thème du respect de l'autre, de ses différences, pour que ce qui concerne l'élément de base du respect dû à la France et à l'identité française soit bafoué de cette manière", a insisté Patrick Devedjian, s’appuyant sur quelques thématiques de la campagne du candidat Chirac. "Dès lors que des excuses ont été présentées non pas au président mais à la France elle-même par les organisateurs, je crois que le symbole était marqué. La liberté d'opinion existe, on a le droit d'être nationaliste, mais ça n'empêche pas le respect du pacte républicain".
Photo d'ouverture : Patrick Devedjian, leministre délégué aux Libertés locales, sur le plateau du Grand Jury RTL-Le Monde-LCI - DR
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