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En cas de duel FN/PS au deuxième tour des législatives, quelle position adoptera l’Union pour la majorité présidentielle ? Depuis le 21 avril, la directive du Président de la République semblait claire : aucune compromission avec le parti d’extrême-droite. Pourtant, surprise hier matin, le nouveau président délégué du RPR Serge Lepeltier faisait une entrée médiatique en fanfare en déclarant sur les ondes qu'il souhaitait le maintien des candidats de l'Union pour la majorité présidentielle (UMP) en cas de triangulaires au second tour. La polémique ne s’est pas fait attendre, le temps pour le successeur de Michèle Alliot-Marie de prendre conscience de sa bourde et de revenir illico presto sur France 2, hier soir, pour remodeler ses dires : "Je refuse toute compromission et tout accord avec le Front national, que ce soit au niveau national ou au niveau local. Ce qui sert aujourd'hui le Front national c'est la confusion, l'amalgame qu'il y a quelques fois entre la droite républicaine et la gauche ". Et d’appeler à voter contre le candidat FN au second tour en cas de duel avec le PS.
Rupture du pacte républicain
La déclaration du matin de Serge Lepeltier avait aussitôt fait bondir l'ensemble de la gauche unie, nouvelle version du concept de gauche plurielle. Le parti socialiste, les Verts et le parti communiste ont vivement réagi, accusant la droite de rompre le pacte républicain du 5 mai, qui a permis la large victoire de Jacques Chirac au second tour de l'élection présidentielle face au candidat d'extrême droite, Jean-Marie Le Pen. "Le mandat qui a été donné à Jacques Chirac (le 5 mai) est bien de lutter contre le Front national et de défendre les valeurs que nous partageons, les valeurs de la République et de la démocratie", a déclaré Vincent Peillon, porte-parole du Parti socialiste. "Je m'étonne donc de la rupture de ce contrat telle qu'elle a été annoncée". Son collègue Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, a qualifié même de "profond scandale" le souhait du président délégué du RPR, tandis que Noël Mamère, ancien candidat des Verts, s’est dit " particulièrement choqué ", ajoutant que "la droite est à côté de la plaque et revient à ses vieux démons"..
Réparer la bourde
Résultat : en fin de journée, plusieurs leaders de l'UMP ont lancé un vibrant communiqué indiquant que leur mouvement ne se prêterait "à aucune combinaison électorale avec les mouvements extrémistes". "C'est dans la clarté et sans compromission que l'Union formera la majorité présidentielle, sans l'extrême droite qui n'a d'autre ambition que de favoriser la victoire de la gauche", ont affirmé les cinq porte-parole désignés par le mouvement, Nicole Guedj, Pierre Bédier, Pierre Lequiller, Henri Plagnol et Patrick Stéfanini.
En dirigeant putatif de l'UMP, Alain Juppé (RPR) s'est lui aussi empressé d'éteindre l'incendie. A l'occasion d'une réunion de soutien au candidat de l'UMP dans la 2ème circonscription des Landes, M. Juppé a déclaré, mardi soir à Dax (Landes), qu'il n'y aurait "aucune alliance directe ou indirecte avec le Front national". "Nous examinerons les résultats au cas pas cas, avec une règle de conduite absolue qui ne souffrira aucune exception : aucune alliance directe ou indirecte avec le Front national", a-t-il affirmé. Un moyen de faire taire la "bourde" du nouveau patron du RPR et d'atténuer le concert de critiques à gauche. Pour Philippe Douste-Blazy, député-maire UDF de Toulouse, ce matin l’affaire est désormais " close ".
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