"OUF" de soulagement dans la presse nationale

Par , le 06 mai 2002 à 07h03 , mis à jour le 06 mai 2002 à 07h06

Soulagement mais pas relâche. Ce matin les éditorialistes se félicitent du réveil de l'électorat français qui donne une victoire éclatante à Jacques Chirac et surtout à la République. Mais pour donner une direction à la France, cap sur les législatives.

Une des journaux le 6 mai 2002 © INTERNE

En écho au "NON" qui barrait la photo du candidat frontiste en Une de Libération au premier tour, le quotidien titre ce matin sur un immense "OUF". En bas, à droite et en tout petit, un Le Pen qui tourne le dos à la France. Le Figaro a lui préféré mettre une photo d'un Chirac triomphant, saluant la foule d'une main levée tandis que l'on retrouve le candidat victorieux accompagné de son épouse, Bernadette, en couverture du Parisien.

Avant tout, ce dimanche, ce sont les Français et la République qui ont gagné semblent dire à l'unisson les éditorialistes. "Les Français ont affirmé avec une force insoupçonnable leur volonté de vivre dans une société ouverte, tournée vers le monde extérieur et tolérante aux autres", écrit Nicolas Beytout dans les Echos. "Ce sursaut est la réponse la plus limpide à ceux qui prétendaient construire un projet politique sur les peurs et les régressions", estime François Ernenwein dans La Croix.

"Chirac n'a pas encore gagné"

Une victoire éclatante mais quelle victoire ? "Jacques Chirac est réélu mais son talent s'arrête là", tacle Serge July dans les colonnes de Libération, qui décrit le gagnant de ces élections comme le premier président de la République sans majorité présidentielle. Attention aux trouble-fête. A tous ceux qui voudraient bouder son plaisir à Jacques Chirac, l'éditorialiste du Figaro répond : ce serait "oublier que les Français (au premier tour) ont d'abord rejeté la gauche de gouvernement".

Dans les 82% que Jacques Chirac a obtenu, difficile d'y retrouver ses petits. "Une autre façon de suggérer selon le Parisien que droite et gauche ne sont pas départagées. L'affaire est renvoyée aux législatives". Et les prochaines échéances électorales sont déjà dans tous les esprits ce matin. "Car Jacques Chirac n'a pas encore gagné", il est au milieu du chemin, estime Nicolas Beytout.

CDD transformé en CDI ?

Avant pourtant, le chef de l'Etat disposera d'un court laps de temps pour agir et ne pas se retrouver dans une cage dorée assistant au retour de la gauche au pouvoir. "L'urgence est là et l'état de grâce sera court", juge Jean de Belot. Un seul mot, l'action : Des décisions seront prises, c'est certain, "mais comment seront-elles reçues sur le terrain et appliquées", s'interroge Philippe Mudry dans la Tribune. 5 semaines, le chef de l'Etat dispose de cinq semaines pour transformer en contrat à durée indéterminée le CDD" de la nouvelle équipe au gouvernement selon l'éditorialiste des Echos.

Par Sophie Lutrand le 06 mai 2002 à 07:03
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience