Plébiscite républicain pour Chirac

Par L.V., le 05 mai 2002 à 19h12 , mis à jour le 05 mai 2002 à 19h58

Le candidat du RPR Jacques Chirac a été réélu à la présidence de la République, avec 82,06% des voix. Son rival du FN, Jean-Marie Le Pen, obtient 17,94% des suffrages. Avec un taux d'abstention à 19,26%, une forte mobilisation de l'électorat renvoie le président sortant à la tête de l'Etat pour un mandat de cinq ans.

france 5 mai chirac dans un drapeau © INTERNE

 

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Jacques Chirac a été réélu dimanche président de la  République française en bénéficiant d'une déferlante contre l'extrême droite qui lui a permis d'écraser Jean-Marie Le Pen sur le score historique de 82,06% des voix  contre 17,94% à son adversaire. Le chef de l'Etat, qui avait reçu le soutien de presque toutes les formations politiques de droite comme de gauche et de la quasi-totalité de la  société civile, s'est gardé de tout triomphalisme. "J'ai entendu, et j'ai compris, votre appel, pour que la République vive,  pour que la Nation se rassemble, pour que la politique change. Tout, tout, dans l'action qui doit être maintenant conduite devra répondre à cet appel, et  s'inspirer d'une exigence de service et d'écoute pour chaque Française, pour  chaque Français", a-t-il déclaré peu après l'annonce des résultats. Il est ensuite allé saluer ses partisans qui l'attendaient par milliers sous  la pluie place de la République.

Dénonçant une "victoire équivoque, acquise à la méthode soviétique",  Jean-Marie Le Pen a affirmé que son score était "une défaite cuisante de  l'espérance française". Selon les estimations, si le candidat du Front national est resté stable en pourcentage, il a gagné quelque 500.000 voix sur le score cumulé de l'extrême droite au premier tour.

Les chiffres

Jacques Chirac, président réélu, a remporté 82,08% des  suffrages sur 94,94% des électeurs inscrits, devant Jean-Marie Le Pen qui en a  totalisé 17,92%, selon des résultats partiels du second tour de l'élection  présidentielle publiés dimanche vers 23h30 par le ministère de l'Intérieur. M. Chirac, avec 24.566.414 voix vers 23h30, rafle la majorité absolue des  voix par rapport au nombre d'électeurs inscrits (environ 41,194 millions), une  première dans l'histoire de la Ve République. Selon les résultats partiels publiés vers 23h30, le taux d'abstention  atteint 19,16%, a précisé le ministère.

La gauche, qui a largement contribué au caractère triomphal du succès de Jacques Chirac, a martelé l'idée qu'il s'agissait d'une victoire de la République plus que du président sortant. "Ce n'est pas la victoire de Chirac, mais celle des Français", a résumé l'ancien candidat des Verts Noël Mamère. "Les résultats sont nets : extrême  droite 17%, démocratie 83%", a lancé le socialiste Laurent Fabius.

"La gauche a fait son devoir et même davantage (...) Les socialistes ne se  sont pas trompés de combat", a renchéri le premier secrétaire du PS François Hollande, en prévenant que "la droite aurait tort de s'arroger" cette victoire. La mobilisation de la gauche s'est traduite par une baisse très importante de l'abstention. La participation a progressé de près de 10 points, à 80,74%. De fait, pour la première fois dans l'histoire de la République, un président est élu avec la majorité absolue des électeurs inscrits, dont il a obtenu les deux tiers des suffrages.

Tous les regards vers les législatives

Malgré cette élection de maréchal, Jacques Chirac ne retrouvera véritablement le pouvoir qu'il avait exercé de 1995 à 1997 que si la droite remporte les élections législatives des 9 et 16 juin. Et la question est désormais de savoir si ce triomphe du président sortant peut lui permettre de réunir une majorité présidentielle à l'issue du scrutin législatif. Jean-Marie Le Pen, qui a amélioré son score du premier tour de plus d'un million de voix, même si l'extrême droite régresse en pourcentage, peut continuer à jouer les trouble-fête si ses candidats réussissent à se maintenir au second tour des législatives et donc à imposer des triangulaires qui peuvent coûter des sièges à la droite. Il s'agira donc pour le président sortant de transformer sa réélection en dynamique pour son camp lors des législatives. Cette présidentielle hors du commun peut déboucher sur divers scénarios: une majorité pour le président, une nouvelle cohabitation ou une Assemblée ingouvernable. "Les rires d'aujourd'hui seront peut-être plus grinçants au mois de juin", a menacé M. Le Pen, qui ne sera pas lui-même candidat.

Dans sa première déclaration, le président lui-même a tracé les grandes lignes de son projet : lutte contre l'insécurité, réduction des impôts, réforme des retraites. Il a annoncé la constitution rapide d'un "gouvernement de mission".

Lionel Jospin doit lui remettre sa démission dès lundi. Un nouveau Premier  ministre devrait être nommé dans la foulée. Les noms les plus cités pour Matignon sont le DL Jean-Pierre Raffarin, les RPR Nicolas Sarkozy et François Fillon. M. Sarkozy a lancé la campagne des législatives en affirmant que la "cohabitation, c'est la confusion" et que les Français doivent donner "une majorité d'action au président qu'ils ont choisi". Mais la gauche entend bien prendre sa revanche après le désastre du 21 avril. M. Hollande, qui conduira les socialistes au combat, a lancé "un appel au rassemblement de la gauche, condition du succès" pour ce scrutin.

Par L.V. le 05 mai 2002 à 19:12
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