© PluriellesLes postulants au titre de professeurs d'école des académies de Créteil, Versailles et Paris devront repasser leur épreuve de français. Ainsi en a décidé mardi matin le nouveau ministre de l’Education nationale Luc Ferry, "dans un souci d'équité" après consultation des trois recteurs concernés et des présidents des jurys du concours d'admission à la deuxième année. "Même s'il n'est pas établi qu'il y ait un cas juridique d'annulation il y a eu manifestement dysfonctionnement dans le processus d'élaboration du sujet" est-il précisé dans le communiqué du ministère.
A l'origine de la discorde
Un des sujets distribués le 22 mai dernier, une synthèse de textes pédagogiques, avait déjà été donné, quatre mois auparavant, à titre d'exercice par le Centre national d'enseignement à distance (CNED), qui a fait travailler quelque 3.300 candidats sur les 14.000 inscrits en Ile-de-France au concours. "C'est par les surveillants que nous avons été mis au courant", explique Ingrid, 27 ans, qui a passé le concours. "Ils ont l'habitude de corriger les épreuves du CNED et ils se sont rendus compte que le sujet avait déjà été donné". Situation agravante souligne l'étudiante "la même coquille se retrouvait dans les deux textes, à savoir la présence du mot "chien" au lieu du mot "lien"".
Apprenant cela, certains candidats se sont estimés lésés et ont protesté, demandant l'annulation de l’épreuve au nom de l’équité et de l'égalité de tous. Toutefois, aucune plainte n'avait été formellement déposée devant le tribunal administratif. "Nous étions révoltées par cette situation" constate Ingrid. Notamment lundi dernier, lorsque le Centre interacadémique des examens et concours (SIEC) a indiqué dans un premier temps que l’épreuve de français ne serait pas annulée. La nouvelle épreuve est fixée au 12 juin.
Mise en place d'une mission d'enquête
Le ministre ayant constaté que " plusieurs concours préparés ces derniers mois ont été marqués par des dysfonctionnements majeurs ", a demandé " aux deux inspections générales de son ministère de conduire dès maintenant une mission visant à établir les causes de ces défaillances répétées et à lui proposer des mesures de nature à améliorer et sécuriser les conditions de recrutement des personnels de l'éducation nationale".
En tout, cinq annulations d'une épreuve de concours de recrutement d'enseignants de premier ou deuxième degré ont été prononcées cette année, à la suite de dysfonctionnements divers, allant de la perte de copies par un correcteur à l'arrivée tardive de candidats à une épreuve en raison d'une panne de RER.
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