Le retour des frères Dardenne

Par Olivier CORRIEZ, le 23 mai 2002 à 06h30 , mis à jour le 22 mai 2002 à 11h57

Cannes accueille ce jeudi les lauréats de l’édition 1999, les frères belges Luc et Jean-Pierre Dardenne. Une fois encore ils ont fait appel en grande partie à des acteurs non professionnels pour "Le Fils" présenté en compétition officielle.

cannes 2002 image papier 190x140 © INTERNE

Luc et Jean-Pierre Dardenne sont les plus fervents défenseurs du cinéma vérité. Ils l’ont prouvé de façon magistrale en 1999 avec Rosetta qui leur a valu la Palme d’or. Cette année, les deux frères sont de retour sur la Croisette avec Le Fils, l’histoire d’un responsable d’un atelier de menuiserie qui se met à suivre un jeune homme qu’il avait refusé de prendre comme élève dans son cours au centre de formation. Le film répondra à plusieurs questions notamment celles de savoir pourquoi le menuisier est attiré par le jeune homme et pourquoi il le craint autant. Une nouvelle fois, les frères Dardenne ont choisi de situer l’action du film à Liège et dans sa région. Et comme pour Rosetta, ils ont choisi de faire confiance à des acteurs non-professionnels, Olivier Gourmet mis à part. Ce dernier avait été révélé par les deux réalisateurs dans La Promesse, primée lors de la Quinzaine des réalisateurs en 1996. Il était également à l’affiche du palmé Rosetta. L’enjeu pour les deux frères est de décrocher une seconde Palme d’or. Ils entreraient ainsi dans le cercle très fermé des doubles primés qui compte Bille August, Francis Ford Coppola, Shohei Imamura et Emir Kusturica.

Le nouveau cinéma chinois

Le second film de la compétition du jour est chinois, Unknown Pleasures de Jia Zhang-ke dont c’est la première sélection. L’action se déroule dans le nord de la Chine, non loin de la frontière mogole. Deux jeunes de 19 ans passent leurs journées à ne rien faire. En compagnie de leur petite amie respective, ils vont céder à la tentation de l’argent facile. Comme à son habitude, le réalisateur, considéré comme l’un des espoirs du cinéma chinois, pose sa caméra sur la jeunesse chinoise d’aujourd’hui. Ses deux précédents films, Xiao Wu, artisan pickpocket et Platform, avaient été remarqués et salués par la presse mondiale.

Bollywood de retour

La journée se terminera par la projection hors compétition du film indien Devdas de Sanjay Leela Bhansali. Cette présentation marque le retour en grace de Bollywood à Cannes. En huit ans, aucun film venu d’Inde n’avait eu les honneurs de la sélection. Comme tout film indien qui se respecte, Devdas est une histoire d’amour teintée de beaucoup de musique. Le film raconte l’histoire de Devdas, fils d’un riche propriétaire terrien et de Parvati, la fille d’un voisin qui appartient à une classe moins favorisée. Les deux jeunes gens s’aiment passionément mais l’opposition du père de Devdas va le pousser à sombrer dans la déchéance. C’est la neuvième adaptation d’un roman à succès publié pour la première fois en Inde en 1917.

Par Olivier CORRIEZ le 23 mai 2002 à 06:30
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