Scandale au Stade de France

Par Franck LEFEBVRE, le 13 mai 2002 à 21h00 , mis à jour le 11 mai 2002 à 21h03

Tout comme lors du match France-Algérie, "la Marseillaise" a été sifflée samedi soir au Stade de France. Jacques Chirac, qui était présent, a brièvement quitté les gradins pour marquer sa désapprobation. Il a exigé les "excuses publiques" de la Fédération française de football à la France "humiliée" par ces sifflets.

chirac stade © INTERNE

Le cauchemar pour la Fédération française de football. Samedi soir, en plein Stade de France, peu avant le début de la finale de la Coupe de France entre les équipes de Lorient et Bastia, la Marseillaise a été sifflée, tout comme elle l'avait déjà été lors du match France-Algérie. Le président de la Fédération, Claude Simonet, a dû présenter des excuses publiques. C'est peu de dire qu'après le précédent de France-Algérie, ces sifflets qui ont retenti dans une enceinte baptisée du nom de la France, pour une finale de Coupe de France, en présence du chef de l'Etat et d'une partie de son gouvernement, ont été mal accueillis... Ce sont pour l'essentiel des supporters bastiais qui ont été à l'origine des sifflets ; les supporters  lorientais, eux, ont entonné l'hymne national.

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La réaction du chef de l'Etat n'a pas tardé. L'enregistrement vidéo de la partie n'a rien perdu de ces quelques minutes au cours desquelles le match a bien failli ne pas avoir lieu. Dès que les premiers sifflets retentissent, on voit Jacques Chirac froncer le sourcil. D'abord incrédule, il se tourne vers son Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, et vers Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des libertés locales... Sa décision est prise : "Ils sifflent ? Je m'en vais !" Puis, aussitôt, il quitte les gradins, retardant ainsi le début du match. Les deux équipes, qui étaient déjà sur la pelouse, retournent dans les vestiaires ; la tradition veut en effet que le chef de l'Etat se fasse présenter les différents joueurs avant de commencer la partie. Dans un des salons du Stade de France, Jacques Chirac fait venir l'équipe de tournage de TF1 pour une déclaration brève, mais très ferme à l'égard des fauteurs de troubles.

"Inadmissible et inacceptable"

"Quelques irresponsables ont cru devoir siffler la Marseillaise ce soir, au début de ce match", commence le chef de l'Etat, visiblement furieux. "C'est inadmissible et inacceptable. J'ai donc retardé le début du match et demandé au président de la Fédération française de football de présenter immédiatement et publiquement, dans l'enceinte, les excuses de la Fédération à la France, humiliée par des actes de cette nature. Je ne tolèrerai pas, et je n'accepterai pas que soit porté atteinte aux valeurs essentielles de la Républiques, et à ceux qui les expriment."

Temporairement, tout est rentré dans l'ordre. Le chef de l'Etat est revenu dans les gradins. C'est un Claude Simonet mortifié qui s'est excusé pour la conduite des supporters fautifs. "La Fédération française de football présente ses excuses à la France parce qu'on a sifflé la Marseillaise", a-t-il déclaré à l'attention des spectateurs. "C'est l'hymne national et tout le monde doit la respecter. Le match ne  reprendra que dans la sportivité car nous sommes des sportifs", a-t-il ajouté. De son côté le président du SC Bastia, François Nicolaï, est allé présenter  ses excuses à Jacques Chirac en lui serrant la main. La Marseillaise n'a pas été rejouée. Les équipes ont de nouveau investi la pelouse. Avec une vingtaine de minutes de retard sur l'horaire prévu, la rencontre a commencé. Inutile de dire qu'elle s'est déroulée dans un climat tendu... Certains pourront peut-être voir dans le résultat final une revanche du sort sur les supporters qui ont sifflé la Marseillaise : samedi soir, c'est Lorient a remporté la Coupe de France face à Bastia, sur le score d'un but à zéro.

Photo d'ouverture : Jacques Chirac quittant la tribune du Stade de France, samedi. De gauche à droite : Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, Jacques Chirac, Claude Simonet - DR

Par Franck LEFEBVRE le 13 mai 2002 à 21:00
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