Succès du 1er mai anti-Le Pen

Par F.A., le 02 mai 2002 à 18h47 , mis à jour le 01 mai 2002 à 18h59

L’appel des syndicats et des mouvements de gauche a été entendu : plus de 1,3 million de personnes ont défilé ce mercredi pour "faire barrage à l’extrême-droite". Le cortège du FN a quant à lui rassemblé environ 10 000 militants. Malgré les craintes, aucun incident notable n’a été déploré.

manif antile pen paris © INTERNE

1 300 000 contre 10 000. Selon les chiffres avancés par la police, les anti-Le Pen ont donc largement remporté la victoire du 1er mai. D’un côté, les manifestations organisées dans toute la France à l’appel des syndicats et des mouvements de gauche ont dépassé le million de personnes. De l’autre, le défilé parisien du Front National en l’honneur de Jeanne d’Arc aurait à peine dépassé 10 000 militants (le FN revendique néanmoins 100 000 participants, et le quotidien Libération en a dénombré plus de 20.000).

A Paris, ce 1er mai à connotation très politique a tout d’abord commencé en début de matinée avec le cortège de la CFTC. Les Travailleurs chrétiens, qui étaient environ 3 000 entre la place de la Bourse et Beaubourg, ne souhaitaient pas s’associer à la grande manifestation syndicale.

Cérémonie pour Brahim Bouarram

En milieu de matinée, c’est vers la place du Châtelet que tous les regards des observateurs se sont tournés. Le Front national y débutait sa procession désormais traditionnelle du 1er mai pour fêter Jeanne d’Arc. Bien que plus nombreux que l’an passé, les militants frontistes n’étaient néanmoins que 10 000 selon la police. Arrivés place de l’Opéra, ils ont écouté le discours fleuve de leur chef. Comme il en a l’habitude, Jean-Marie Le Pen, avec son nouveau slogan "La France retrouvée", a lancé une attaque en règle contre Jacques Chirac. (lire l'article complet)

Vers 11h, une cérémonie s’est tenue sur le pont du Carrousel à la mémoire de Brahim Bouarram, ce jeune marocain jeté dans la Seine le 1er mai 1995 par des skinheads qui se trouvaient en marge du rassemblement du Front National. Environ 500 personnes ont écouté l’hommage rendu par Mouloud Aounit, président du MRAP (lire l'article complet). Pour la police (3 500 hommes mobilisés avec des mesures de sécurité exceptionnelles), cette commémoration était le moment critique de la journée. La proximité avec le défilé du FN laissait craindre des incidents avec les extrémistes qui se pressent généralement en fin du cortège. Pour éviter tout débordement, le FN avait renforcé son service d’ordre et donné des consigne strictes.

Marée humaine contre Le Pen à Paris et en Province

A midi, ce sont les anarchistes de la CNT (environ 500) qui ont battu le pavé parisien à leur tour entre la place des Fêtes et la place de la République. Ils ont alors retrouvé la grande manifestation des syndicats (CFDT, CGT, UNSA, SNES) et des mouvements de gauche qui appelaient à " faire barrage à l’extrême droite ". La mobilisation a été sans précédent. Partis à 15h, les participants, estimés à 400 000 par la police, ne sont arrivés à la place de la Nation qu’à 18h, et ne se sont dispersés que dans la soirée. (lire l'article complet).

Des incidents ont éclaté, mercredi soir, peu après 23H15, place de la Nation, alors que la police a commencé à évacuer quelques centaines de manifestants stationnant toujours au centre de la place. Plusieurs manifestants ont bombardé les forces de l'ordre avec des canettes de verre, les policiers, en majorité des CRS, ont répliqué par quelques charges brèves, usant de leurs matraques et procédant à quelques interpellations.

En province, la mobilisation a également été gigantesque. Le ministère de l’Intérieur avance un chiffre de 900 000 manifestants. Certaines villes comme Grenoble (50 000) ou Bordeaux (40 000) ont battu leur record. (lire l'article complet)

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