© INTERNE"Il faut lutter contre la distance entre la gauche et sa base sociale", qui trahit une "panne démocratique et sociale", a lancé hier soir la responsable des Verts devant un parterre de 300 personnes, réunies dans une salle de spectacles des anciens docks de Marseille. Faisant le mea culpa de la gauche, Mme Voynet s'est écriée : "On a sous-estimé l'ampleur, la gravité des dégâts causés par 25 ans de crise économique ; on a oublié que toute une génération n'avait rien connu d'autre", a-t-elle dit.
Evitant de s'étendre sur les difficiles négociations encore en cours, lundi soir, avec le PS-PCF-PRG pour des candidatures uniques aux législatives, Mme Voynet a estimé que ces "discussions" avaient pour but de "poser les bases d'un printemps de la gauche". Peu de temps auparavant, lors d'une conférence de presse, l'ancienne ministre de l'Environnement avait assuré que les négociations étaient "en bonne voie".
"Eradiquer les traces de racisme et d'apartheid"
"Nous n'avons fait qu'endiguer l'extrême droite mais ne l'avons pas arrêtée", a renchéri Noël Mamère, ancien candidat des Verts à la présidentielle. Rappelant que la Provence-Alpes-Côte d'Azur était la première région de France pour le vote Le Pen, le maire de Bègles (Gironde) a appelé à "combattre" le leader du Front national "sur le terrain de son programme et non sur l'invective", ainsi qu'à "éradiquer ces traces de racisme et d'apartheid", notamment en donnant aux étrangers le droit de voter dans des élections locales. "Il ne faut pas non plus oublier les 56% de Français que sont les ouvriers et les employés", a-t-il lancé.
"Ce gouvernement peut redevenir possible. Rien n'est perdu", a-t-il estimé, voulant "reconquérir cette jachère politique" caractérisée par la forte mobilisation des jeunes lors des manifestations anti-Le Pen de l'entre deux tours. L'ancien journaliste s'est demandé si ces jeunes n'avaient pas plus de légitimité à honorer La Marseillaise que Jacques Chirac "avec les emplois fictifs" et "les libéralités qu'il a prises avec l'argent public". Cinglante, Dominique Voynet l'a également été hier soir avec le gouvernement fraîchement mis en place. Accusant Jean-Pierre Raffarin de n'être "que l'intendant des affaires du suzerain sous le regard du prince héritier Alain Juppé", elle a fustigé un gouvernement de droite dont "tous les ministères sont trustés par les barons importants du RPR".
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