Bové se rend en prison... en tracteur

Par , le 19 juin 2002 à 00h00 , mis à jour le 18 juin 2002 à 17h11

Convoqué mercredi à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier, le leader de la Confédération paysanne a pris la route, escorté par un cortège de tracteurs. Il effectuera ensuite sa peine consécutive au saccage du McDonald’s de Millau, en août 1999.

[Expiré] [Expiré] Bové José cortège vers prison 19.06.2002 (AFP) © AFP

Il l’avait annoncé. Il a tenu parole. A l’instar de son arrivée en charrette au tribunal de Millau pour son procès en juin 2000, Jové Bové transformera son incarcération en tribune médiatique du combat des anti-mondialisation. Mercredi matin, aux alentours de 7 heures, il a donc pris la route pour la prison de Villeneuve-lès-Maguelone à la tête d’un cortège de tracteurs.

Le leader de la Confédération paysanne, qui est parti de son domicile du Larzac, doit effectuer au volant de son engin pas moins de 160 kilomètres. Avant de se constituer prisonnier, il organisera un dernier rassemblement sur le parking d’une grande surface située à proximité de la maison d’arrêt.

Entouré de ses compagnons et de militants d’Attac, il dénoncera ce qu’il considère être "le premier acte politique du gouvernement issu des élections législatives du 16 juin" : "la répression du mouvement social". "Mon incarcération consiste à dire très clairement au mouvement social, on n'accepte plus la contestation de la mondialisation" explique-t-il.

Quarante-cinq jours ?

L’incarcération de José Bové, qui fait suite au saccage du restaurant McDonald’s de Millau le 12 août 1999, aurait dû normalement avoir lieu en mai. Mais le procureur général de Montpellier, Paul-Louis Auméras, avait décidé de la repousser pour éviter le téléscopage avec les échéances électorales. C’est donc lundi matin, vers 11h20, que les gendarmes ont apporté la convocation au domicile de l’intéressé.

La peine prononcée par le tribunal de Millau, confirmée en appel à Montpellier, porte sur trois mois de prison ferme. Le syndicaliste a déjà effectué 19 jours lors de sa détention provisoire en 1999. Avec le jeu des remises de peine et des possibilités de liberté conditionnelle, son avocat estime qu’il devrait rester en prison environ 45 jours.

(photo d'ouverture afp: José Bové ce matin)

Repères

  • 12 août 1999 : 200 à 300 éleveurs de brebis menés par José Bové dégradent un McDonald's en construction à Millau pour protester contre les surtaxations de roquefort par les Etats-Unis.
  • 17 août : quatre militants sont écroués pendant trois jours mais Bové absent échappe à l'arrestation.
  • 19 août : José Bové se "livre" à la justice devant la presse. Il est écroué à la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone. Il est libéré le 7 septembre moyennant une caution de 105.000 francs.
  • 30 juin/1er juillet 2000 : José Bové et neuf autres prévenus comparaissent devant le tribunal correctionnel de Millau, où se retrouvent pendant deux jours plus de 50.000 militants venus faire le procès de la mondialisation.
  • 13 septembre : le tribunal condamne José Bové à trois mois de prison ferme et huit des neuf autres prévenus à des peines comprises entre deux mois d'emprisonnement avec sursis et 2000 francs d'amende.
  • 22 mars 2001 : la cour d'appel de Montpellier confirme la condamnation de José Bové à trois mois de prison ferme. Il se pourvoit en cassation.
  • 6 février 2002 : la Cour de cassation rejette le pourvoi et confirme définitivement la condamnation.
  • 16 avril 2002 : Paul-Louis Auméras, procureur général près de la cour d'appel de Montpellier, annonce que pour "ne pas polluer le débat électoral", l'incarcération de José Bové interviendra "après le second tour (de l'élection présidentielle)".
        

Par Fabrice Aubert le 19 juin 2002 à 00:00
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