Braquages en série : joailliers et bureaux de change s'organisent

Par A.G., le 07 juin 2002 à 16h15 , mis à jour le 06 juin 2002 à 16h19

Les organisations professionnelles de bijoutiers ont rencontré vendredi le préfet de police de Paris afin d'étudier les moyens de renforcer leur sécurité. Lundi ce sera au tour des bureaux de change.

braquage paris change © INTERNE

Après les fourgons blindés, bureaux de change et bijouteries sont les nouvelles cibles des braqueurs. Trente et une attaques de bureaux de change et 170 attaques de bijouteries ont été répertoriées en 2001. Et on note une nette recrudescence pour le premier semestre 2002, notamment à Paris, où en l’espace d’une semaine viennent de se faire braquer le grand joaillier Fred, place Vendôme, et un bureau de change situé sur l’avenue des Champs-Elysée.

Améliorer la collaboration avec la police

Les  représentants de la Fédération nationale des bijoutiers ont été reçus vendredi par Jean-Paul Proust, le préfet de police de Paris. Lundi, ce sera au tour des organisations professionnelles des bureaux de change. Objectif de ces rencontres : "mieux  renforcer" la sécurité, en commençant par renforcer la coopération avec la police. "On veut construire une véritable chaîne de sécurité", explique, sous couvert de l'anonymat, le responsable d'une société de conseil des maisons de luxe de la place Vendôme. Depuis quelques mois, les professionnels en joaillerie se sont regroupés en "clubs sécurité" auxquels sont conviés des membres de la police. Ces réunions ont ainsi permis de relever des similitudes dans les attaques.

"On s'est aperçu que les agressions avaient lieu les samedis matin et à l'heure du déjeuner, en raison du trafic moindre et des roulements de personnel", explique Claude Barrier, chargé de la sécurité à la Fédération. Quand un braquage arrive, il est disséqué après coup, afin d'en tirer des enseignements. Des préconisations et des bulletins d'alerte sont ensuite envoyés aux membres du club. Par ailleurs, les établissements sont aussi l'objet d'audits visant à améliorer leur sécurisation, avec des experts distincts de ceux mandatés par les compagnies d'assurance.

De nouvelles techniques de dissuasion à l’étude

Dans les bureaux de change et les bijouteries,  la discrétion reste de mise mais on évoque de "nouveaux procédés". Le plus  technique, loin d'être au point, vise au marquage des bijoux par une puce miniature. "Il existe par exemple des vitrines (antichoc) impossibles à briser à coups de masse, des caméras de surveillance qui devinent la forme d'un visage à travers une cagoule", explique Claude Barrier, le monsieur sécurité de la Fédération nationale des horlogers, bijoutiers, joailliers et orfèvres. Certains joailliers s'équipent aussi d'une génération de rideaux métalliques qui s'abattent brusquement en cas de braquage. Des équipements lourds à financer pour les indépendants, qui ont récemment vu leur assurance grimper jusqu'à 250 %. Cependant, affirme M. Barrier, rien ne saurait remplacer le facteur humain. La formation des personnels de sécurité doit être améliorée.

La Brink's, première société mondiale de transport de fonds, espère avoir enfin trouvé le remède dissuasif contre les raids visant ses fourgons blindés. "Il s'agit d'un gel agglutiné, durcissant très vite, ressemblant à de la colle forte et provoquant l'auto dénaturation automatique et irréversible des billets", explique Eric Ehrsam, directeur de la communication. En cas de braquage, ce gel se répandrait instantanément sur les billets de banque, placés au centre du fourgon dans un coffre-fort sous rayonnement électromagnétique. Toute interruption intempestive de ce champ magnétique déclencherait de façon imparable le processus. Cette technique devrait être testée dès septembre, d'abord sur les convois sensibles, notamment ceux de la Banque de France.

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Par A.G. le 07 juin 2002 à 16:15
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