© PluriellesTalleyrand, Siéyès, Danton, Robespierre, Edouard Herriot… les plus grands personnages de l’histoire de France se sont un jour assis sur le magnifique fauteuil, hérité du Conseil des Cinq Cents (1795-1799), qui domine l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Les élections législatives maintenant terminées, les députés se réunissent aujourd’hui pour élire qui, d’Edouard Balladur ou de Jean-Louis Debré, sera le successeur de Raymond Forni au "perchoir".
Un poste clé de la République
Quatrième personnage de l'Etat, le résident de l’hôtel de Lassay est chargé de représenter les députés, et de s'assurer du bon fonctionnement du palais Bourbon. En accord avec le gouvernement, il prépare chaque semaine l’ordre du jour des travaux. La qualité et la vivacité des débats dépendent en partie de sa capacité à diriger les discussions, notamment en répartissant avec justesse les temps de parole et en étant capable de faire cesser un chahut. Tour à tour, les présidents ont cherché à développer les prérogatives de l’Assemblée : Philippe Séguin (1993-1997) a fait adopter la session unique, Laurent Fabius (1988-1992 et 1997-2000) a créé la Mission d'évaluation et de contrôle (MEC) pour contrôler l'utilisation des fonds publics. Raymond Forni a multiplié initiatives internationales et échanges avec les autres parlements européens.
Le président de l’Assemblée dispose aussi de pouvoirs spécifiques de nomination : il choisit trois membres du Conseil constitutionnel, un membre du Conseil supérieur de la magistrature et trois du Conseil supérieur de l'audiovisuel. Le président de la République doit le consulter avant une dissolution ou la mise en oeuvre des pouvoirs exceptionnels (article 16).
Un rituel bien rodé
Selon un cérémonial bien établi, c’est le doyen de l‘Assemblée, le communiste Georges Hage (80 ans), qui le premier pénétrera dans l’enceinte, encadré par une haie de gardes républicains et au son du tambour. Installé au perchoir, c’est à lui qu’il incombera de déclarer ouverte la XIIe législature de la Ve République. Il appelle ensuite à ses côtés pour le seconder les six plus jeunes députés : Edouard Courtial (29 ans, Oise), Sébastien Huyghe (32 ans, Nord), Martial Saddier (32 ans, Haute-Savoie), Laurent Henart (33 ans, Meurthe-et-Moselle), Jean-Christophe Lagarde (34 ans, Seine-Saint-Denis) et Valérie Pecresse (34 ans, Yvelines). Après un discours de dix minutes, le doyen tire au sort parmi les députés (à l'exception de lui-même, des six plus jeunes et des 14 membres du gouvernement) six "scrutateurs" et la lettre de l'alphabet à partir de laquelle les députés seront appelés à voter.
Le président peut être élu au premier tour s'il obtient la majorité absolue des suffrages exprimés. Sinon, il est procédé à un second tour où le vainqueur doit également recueillir la majorité absolue. Dans le cas contraire, un troisième tour est organisé, et cette fois-ci la majorité relative suffit. Le doyen proclame les résultats, accueille le nouveau président qui prend sa place et prononce un discours, avant de lever la séance et donner rendez-vous aux députés le lendemain pour élire vice-présidents et questeurs.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



