© INTERNELe député UMP Jean-Louis Debré a été élu mardi président de l'Assemblée nationale, à l'issue du deuxième tour de scrutin où il a recueilli 342 voix, soit la majorité absolue des suffrages exprimés des députés (531 votants sur 577 députés, majorité absolue de 254). La candidate socialiste Paulette Guinchard-Kunstler a obtenu 142 voix, la communiste Muguette Jacquaint 21. Le président de séance, Gilbert Gantier (UDF), qui remplaçait le doyen d'âge Georges Hage (PCF), victime d'une indisposition (voir encadré), a précisé qu'il y avait eu "deux autres suffrages" et 24 suffrages blancs ou nuls.
Au premier tour, l'ancien ministre de l'Intérieur et président du groupe RPR dans l'Assemblée sortante était arrivé en tête, avec 217 voix (sur 541 suffrages exprimés) devant Edouard Balladur (163 voix), qui avait alors annoncé son retrait. L'ancien Premier ministre avait refusé d'affronter Jean-Louis Debré dans une primaire interne à l'UMP. Il estimait n'avoir aucune chance face à son adversaire, soutenu par les chiraquiens et espérait que le vote des députés UDF feraient pencher la balance en sa faveur lors de l'élection. Il s'était donc présenté en candidat "libre". Et a finalement obtenu près du tiers des voix des députés UMP, qui ont ainsi désobéi aux consignes.
"Partenaire indispensable"
L'élection de Jean-Louis Debré a été longuement applaudie par l'ensemble des députés, de la majorité comme de l'opposition, debout dans l'hémicycle. Désormais quatrième personnage de l'Etat dans l'ordre protocolaire, l'ancien ministre de l'Intérieur est le neuvième président de l'Assemblée nationale depuis le début de la Vème République en 1958. Dans une allocution de sept minutes prononcée depuis le "perchoir", juste après son élection, il a déclaré qu'il fallait "considérer l'Assemblée nationale comme un partenaire indispensable à la réussite des réformes voulues par les Français et présentées par le gouvernement". "Il ne s'agit pas seulement de respecter les droits de l'opposition; il s'agit aussi d'écouter sa voix" a-t-il ajouté.
A sa sortie de l'hémicycle, Jean-Louis Debré a d'abord longuement serré la main du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin dans la salle des pas-perdus du Palais-Bourbon. Il s'est ensuite rendu à l'Hôtel de Lassay, siège de la présidence, où son prédécesseur Raymond Forni (PS) l'attendait, souriant, dans le cabinet du Départ, pour une très brève passation de pouvoirs.
George Hage victime d'un malaise Doyen de l'Assemblée, le député communiste, âgé de 80 ans, n'a pas présidé la première séance de cette 12e législature de la Ve République. "Il a eu un malaise dû au trac", a expliqué dans les couloirs le président du groupe communiste, Alain Bocquet. Il a été remplacé par le député UDF Gilbert Gantier, 76 ans. | |
(photo : Jean-Louis Debré après son élection)
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