© INTERNEPartie quasi-intégrante de la tradition républicaine depuis 1981, le principe de l’audit des finances publiques n’en a pas moins provoqué jeudi de vives réactions. A droite, on souligne volontiers que le gouvernement a "caché" la vérité aux Français. Le plus prompt à "dégainer" est Pierre Méhaignerie (UMP), le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. "Nous avions parlé, comme responsables de l’opposition, de mensonge d’Etat, je crois que c’est confirmé", lâche-t-il. L'UDF dénonce "une dérive des dépenses publiques et un budget tronqué dans sa présentation et ses prévisions par le gouvernement Jospin ". Et de prévoir un "contexte budgétaire difficile dans les prochains mois" qui "imposera de donner un signe fort en priorité sur les bas salaires ".
Philippe Marini (RPR), rapporteur général du budget au Sénat, parle d'un "déficit comptable" doublé d'un "déficit démocratique ". De son côté, Jean Arthuis, ancien ministre UDF de l’Economie et président du groupe centriste au Sénat, a dénoncé "l’ampleur du mensonge d’Etat ". "Un désaveu supplémentaire pour la gestion socialiste", assure Philippe de Villiers, le président du Mouvement pour la France (MPF).
Des "marges de manoeuvre"
Quadrature du cercle. Dans cette rhétorique, les élus de droite marchent sur des œufs : à trop vouloir dénoncer la situation financière du pays, ils risquent de décourager les Français - qui ont massivement voté en leur faveur lors des quatre scrutins de mai-juin - soucieux de réformes. C'est pourquoi, dans le même temps, tous rivalisent d'optimisme. "Ne perdons pas confiance", tempère M. Méhaignerie qui croit déceler "une marge de manœuvre ". "Les économies que nous pourrons faire, et que nous devons faire, dans les cinq ans qui viennent doivent améliorer le pouvoir d’achat de nos compatriotes", affirme-t-il. Philippe Marini observe que "la nouvelle majorité devra trouver les moyens d’une maîtrise enfin efficace des dépenses de régimes sociaux ", tout en soulignant "l'urgence d'un besoin de réformes structurelles".
Le député UMP-RPR Gilles Carrez, nouveau rapporteur général du budget à l’Assemblée, "assure" qu'en dépit de la dégradation des finances publiques, le gouvernement Raffarin dispose de "marges de manœuvre" pour mettre en œuvre la baisse de l’impôt sur le revenu, ce "signal fort" qu'attendent les Français.
François Hollande : "Cet audit n'est qu'un prétexte"
Choqués par les résultats des élections, divisés par les querelles intestines, les dirigeants du parti socialiste se font discrets quant aux résultats de l'audit. Florence Parly (PS), la secrétaire d'Etat au Budget du gouvernement Jospin, a estimé que le gouvernement a fait une "mise en scène tendancieuse, pour ne pas dire politicienne" de la présentation de l'audit des finances publiques, tout en affichant un programme budgétaire "à l'arithmétique surréaliste". Henri Emmanuelli (PS), qui était président de la commission des Finances dans la précédente Assemblée, assure que "la situation était meilleure en 2002 qu'en 1997" et dénonce un climat de "campagne électorale". Selon lui, les propos des auteurs de l'audit "sont beaucoup plus modérés que ceux qu'a employés le ministre" délégué au Budget devant les députés.
Enfin, avant même de connaître les conclusions du document, François Hollande, le premier secrétaire du PS, considérait qu'il n’était pour le gouvernement "qu’un prétexte, soit pour revenir sur des promesses, soit pour entamer des dépenses qui sont tout à fait utiles au pays".
Retour MYTF1
Chargement en cours...



