Nous avons vu pour vous... "L'Age de glace" et "Lagaan"

Par Olivier CORRIEZ, le 27 juin 2002 à 06h30 , mis à jour le 26 juin 2002 à 15h18

Deux films dans notre sélection parmi les sorties cinéma de la semaine : le film d'animation "L'Age de glace" et la superproduction indienne "Lagaan".

age de glace © INTERNE

L’AGE DE GLACE
Film d’animation de Chris Wedge avec les voix françaises de Gérard Lanvin, Elie Semoun, Vincent Cassel…

L’histoire
Scrat, un écureuil croisé à un ragondin, cherche à cacher son gland pour le déguster plus tard. Mais l’animal, un peu maladroit, déclenche involontairement une catastrophe écologique : l’arrivée d’un nouvel âge de glace. Nous sommes 20.000 années avant notre ère. Les mammifères tentent alors de gagner le Sud pour trouver des températures et des conditions de vie plus favorables. Manny, un gros mammouth solitaire, choisit lui de partir vers le Nord. Sur sa route, il croise Sid, un paresseux plus bavard qu’une pie, qui cherche un protecteur. De toute manière, il est impossible de s’en débarraser. Nos deux amis vont recueillir un bébé humain et partir à la recherche de sa famille. Dans cette tache, ils vont être épaulés par Diego, un tigre à dents de sabre, plutôt intéressé et surtout envoyé par sa meute pour capturer le bébé. L’aventure peut alors commencer…

Notre avis
Ce nouveau film d’animation est tout simplement hilarant. Si l’histoire manque d’originalité (un groupe qui doit ramener un enfant vers les siens…), elle est facilement oubliée par les touches d’humour qui jalonnent le scénario. Les personnages de cet Age de glace réussissent à vivre au-delà des images numériques. Ils deviennent attachant, ils font parti d’un univers qui devient également progressivement le nôtre. L’essentiel est que le plaisir est bien là. Certaines scènes, comme celle de la glissade dans le glacier, sont purement jubilatoires. L’Age de glace, dans la même veine d’un Shrek, est une véritable réussite qui devrait enchanter ses spectateurs petits et grands. Le rafraîchissement idéal pour la période estivale. A ne pas rater.

Notes
Le réalisateur Chris Wedge n’est pas un nouveau venu dans le domaine de l’animation. Il fut l’un des principaux animateurs du premier long métrage en images de synthèse, Tron. Il a ensuite notamment collaboré à des films comme Joe’s Apartment, Alien, la résurrection et Star Trek Insurrection. En 1998, il a obtenu l’Oscar du court métrage d’animation avec Bunny.

LAGAAN
Film de Ashutosh Gowariker avec Aamir Khan, Gracy Singh, Rachel Shelley…

L’histoire
Centre de l’Inde, 1893. Les villageois de Champaner attendent la mousson. Le peuple est au bord de la famine et la récolte ne s’annonce pas fructueuse. Mais le chef de la garnison britannique de cette région, le capitaine Russel, impose le doublement de l’impôt sur les céréales, le "lagaan". Le jeune et séduisant Bhuvan va mener la lutte contre cette injustice et accepter le pari fou de l’officier : gagner un match de cricket contre les Anglais. Si les Indiens sortent vainqueurs, ils ne paieront pas le "lagaan" pendant trois ans. En revanche, en cas de défaite, l’impôt sera triplé. Les villageois n’ont que trois mois pour former une équipe et apprendre ce jeu totalement inconnu. Dans cette tache, ils vont pouvoir compter sur l’aide précieuse d’Elizabeth, la sœur du capitaine Russel.

Notre avis
Lagaan ne part pas à la conquête du public français avec toutes les cartes gagnantes en main. L’idée de passer 3h40 dans une salle de cinéma est un premier handicap. Ensuite, l’image en France des films indiens n’est pas des plus attirantes : manque de réalisme, mélange des genres, du kitch à souhait. Mais Lagaan ne répond pas à tous ces critères. Le film se révèle en fait passionnant, profondemment divertissant et surtout ouvert au marché international. En sacrifiant beaucoup de codes typiques du cinéma indien, Lagaan peut séduire sans aucun doute un large public. Il y a tous les ingrédients d’un bon film : de l’amour, de l’humour, du suspense, des trahisons, des confrontations, des héros attachants, de la musique, des chants, de la danse… Bref, un grand et beau spectacle dépaysant à souhait et une parfaite alternative au cinéma américain.

Notes
- C’est à Bombay que sont produits depuis plus de 80 ans la plupart des films indiens. La ville est d’ailleurs la capitale de la première cinématographie du monde avec plus de 800 films par an en moyenne. Cette suractivité lui a d’ailleurs valu le surnom de Bollywood. Cette usine du cinéma fait rêver des milliards de spectateurs à travers le monde. En Inde, ce sont près de 150 millions de personnes qui se rendent au cinéma chaque semaine. Depuis quelques années, Bollywood arrive à traverser les frontières et séduit peu à peu l’Asie du Sud-Est, les pays arabes, l’Afrique noire, la Russie… L’Occident reste encore hermétique à ce style cinématographique. La Grande-Bretagne fait exception grace notamment aux fortes communautés indiennes et pakistanaises. Depuis peu, les Etats-Unis ont été séduits. Lagaan a d’ailleurs été nommé à l’Oscar du meilleur film étranger cette année.
- Le cinéma de Bollywood répond à certaines conventions pour que le spectacle soit total : une durée de trois heures en moyenne, six scènes chantées et dansées, des scénarios simples, un manichéisme parfait, des bons sentiments, des méchants très méchants, l’adoration de la mère, une héroïne chaste et pure, l’amitié masculine indestructible…

Par Olivier CORRIEZ le 27 juin 2002 à 06:30
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