© INTERNEA chaque échéance électorale, leur mort politique est annoncée comme inéluctable. Pourtant, malgré un score historiquement faible de 3,37% à la présidentielle –moitié moins qu’en 1995-, les communistes ont trouvé dans un ultime sursaut la force de mobiliser leur électorat pour les législatives, décrochant 21 sièges à l’Assemblée nationale. C’est 14 de moins qu’en 1997, mais assez pour constituer un groupe et ainsi sauver la représentation du PCF au sein de l’hémicycle. Mais ce soubressaut ne doit pas masquer l’étendue des difficultés rencontrées au sein de la formation, dont le leader Robert Hue a été battu au dernier scrutin. La même question demeure : quel avenir pour le PCF en France ?
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Ce vendredi, place du colonel Fabien, le Parti communiste convoque un Conseil national ; coup d’envoi d’une réflexion sur le double échec électoral essuyé ces dernières semaines. Au menu : la remise d’un rapport sur " les enseignements des élections législatives " rédigé par Denis Duvot, membre du conseil national et la préparation de la conférence nationale des 26 et 27 juin à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), qui pourrait déboucher sur un congrès extraordinaire.
Oui à un "nouveau PC", mais lequel ?
Après l’avoir fait circuler plusieurs jours sous le manteau, des partisans de Robert Hue ont publié dans "l'Humanité" daté de mercredi une tribune dans laquelle ils soutiennent leur dirigeant, mis sur la selette depuis sa défaite électorale. Les 97 signataires – parmi lesquels Paul Lespagnol, Pierre-Blotin, Marie-Pierre Vieu, Denis Duvot - défendent notamment la voie de la mutation engagée depuis 1994 par Robert Hue en affirmant qu'on l'a empêchée d'aboutir. Les auteurs regrettent l’abandon du premier mot d'ordre de la campagne présidentielle de Robert Hue, "la France, c'est vous", au motif qu'il aurait été "trop peu porteur de contenu communiste" et veulent débattre "de la façon dont a été gérée pendant cinq ans la participation au gouvernement". Ils demandent un "congrès fondateur" pour un "nouveau parti communiste".
Dans les courants qui scindent le parti, si "les marchaisiens" se font partisans d'une "mutation modérée", d’autres comme les "orthodoxes", se déclarent hostiles à la "mutation", veulent changer les têtes dirigeantes et appellent au retour aux "valeurs du communisme". Quant aux refondateurs, signatiaires de "l'appel dit de Saint-Denis" - Patrick Braouzec, Roger Martelli, Pierre Zarka, des membres de la LCR, d'associations de chômeurs...-, ils ont lancé l'idée "d'Etats généraux du communisme". Selon M. Martelli, "aucune relance n’est possible sans une rupture définitive et sensible avec le système bolchévique originel, ni sans une clarification de la stratégie politique du PCF". S’il reconnaît à Robert Hue " le mérite d’avoir engagé une mutation", il lui reproche "son manque de rigueur et de cohérence" dans la conduite de celle-ci. Plus que jamais, au cours des prochaines semaines, ce sont des conditions de la survie d'un parti ouvertement en crise qu'il faudra débattre.
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