36% : record absolu pour l'abstention

Par F.A. et L.V., le 09 juin 2002 à 16h56 , mis à jour le 08 juin 2002 à 17h03

C'est un record d'abstention pour un scrutin législatif sous la Ve République : selon une estimation Sofres-Bull, 36% des électeurs ne se sont pas déplacés. Au total, 8 444 candidats briguent les 577 sièges disponibles à l’Assemblée nationale.

Dans le secret des isoloirs... | AFP © INTERNE

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Selon une estimation Sofres-Bull peu avant 19 heures, le taux d'abstention au premier tour est de 36%. Un record absolu sous Ve République, alors qu'au premier tour de 1988, l'abstention était de 34,26%. C'était l'une des grandes peurs concernant le premier tour des élections législatives. On craignait en effet les effets d'un manque certain d'intérêt pour la campagne, ou du téléscopage du scrutin avec plusieurs événements sportifs d’importance (trois matches de la Coupe du monde dans la matinée, finale messieurs de Roland-Garros en début d’après-midi et Grand Prix de Formule 1 du Canada en fin d’après-midi).

Deux craintes

41 millions d'électeurs, 8 444 postulants, 577 députés. C'était les trois chiffres clés de ce premier tour des élections législatives 2002. Pour permettre aux Français de faire leur choix, les quelque 64 000 bureaux de vote de l’Hexagone restent ouverts jusqu'à 18h dans la plupart des communes, ceux des grandes villes fermant comme de coutume leurs portes à 20h précises.

Avec ce nombre record de candidats, les électeurs risquent d'avoir du mal à s'y retrouver. Les états-majors des principaux partis, PS et UMP (Union pour la majorité présidentielle), ont deux craintes principales. La première : l’éparpillement des votes. Leurs représentants risquent en effet d’avoir du mal à assurer leur maintien au second tour. Pour cela, il faut arriver en première ou deuxième position ou franchir la barre fatidique des 12,5% d'inscrits -ce qui représente davantage d'exprimés. Un second tour avec plus de duels FN-gauche ou droite selon les cas que de triangulaires gauche-droite-FN, est tout à fait plausible. En 1997, il y avait eu 78 triangulaires avec l'extrême droite et 54 duels. D'où des appels répétés à droite et à gauche exhortant les électeurs à voter dès le premier tour pour un candidat susceptible de se qualifier pour le second -qui aura lieu dimanche prochain.

La droite favorite

Pourtant, cette élection revêt un caractère encore plus décisif que la présidentielle puisqu'il s'agit indirectement de choisir le gouvernement, pièce maîtresse de l'exécutif. Mais les enjeux nationaux du scrutin ne sont pas toujours très clairs puisque le vote est local, mais le mandat du député, lui, ne l'est pas. Cet élu n'a pas à résoudre les problèmes de proximité, comme un maire ou un conseiller général, mais doit voter des lois aux implications directes sur le quotidien des Français.

Après la défaite de la gauche le 21 avril, la droite semble tenir l'avantage. En cas de victoire, la majorité sortante serait battue pour la sixième fois consécutive depuis la première alternance de 1981. Le premier tour ne devrait pas cependant désigner le vainqueur, mais seulement dessiner une tendance et donner la configuration du second tour. Vraisemblablement les élus du premier tour, dont le nombre ne cesse de chuter, seront peu nombreux.

Par F.A. et L.V. le 09 juin 2002 à 16:56
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