© INTERNELe discours est presque convenu. Mais il fait mouche auprès des Français, Nicolas Sarkozy le sait : mercredi soir, sur le plateau du 20 heures de TF1, le ministre de l'Intérieur a de nouveau développé ses arguments pour justifier la lutte coûte que coûte contre la délinquance. Premier constat asséné en guise de préambule : "la France depuis quelques années est face à une explosion de la délinquance. Sur les cinq à six dernières années, c'est une augmentation continue. 2001 : + 8% ; sur les quatre premiers mois de 2002, encore +5% ; sur les treize derniers mois, +13%. De surcroît, c'est une violence de plus en plus violente." Une situation face à laquelle "il n'y a pas le choix : il faut endiguer cette explosion de la délinquance et de la violence en traitant dans les faits la question de l'impunité zéro, avant, dans un deuxième temps, de faire reculer la délinquance."
Et pour illustrer un peu plus "l’échec" du gouvernement Jospin dans ce domaine si crucial de la sécurité, Nicolas Sarkozy s’est livré au petit jeu des comparaisons européennes. "Sur la période 1997-2000, la délinquance a reculé en Italie, en Espagne, en Allemagne ; elle a augmenté, il est vrai, au Royaume-Uni, de 3%. Mais nous avons dépassé allègrement les 15%. C'est une triste spécificité française. C'est à cela qu'il faut s'attaquer dès maintenant." Avant, coup de grâce, de faire de cette exigence de sécurité "la première étape d'une politique sociale authentique", décrivant la situation "de nos compatriotes qui habitent dans des quartiers où plus personne ne veut habiter, qui mettent leurs enfants dans des collèges ou lycées où plus personne ne veut scolariser ses enfants, et qui prennent les transports en commun à des heures où plus personne ne veut les prendre."
"On peut être efficace dans le cadre des valeurs républicaines"
Pour cela, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il réunirait à la fin du mois de juin "les 2.000 commissaires de police et les 3.600 commandants de brigades de gendarmerie pour les mobiliser", ajoutant que la stratégie du gouvernement était "celle de l'offensive". Il s'agira de la première réunion de commandants de brigades de gendarmerie par un ministre de l'Intérieur : promis pendant la campagne électorale, le placement de la gendarmerie - qui dépend du ministère de la Défense - sous l'autorité du ministre de l'Intérieur est devenu effectif le 16 mai.
Evoquant les "gens exaspérés" par l'insécurité qui ont voté pour le Front national lors de la présidentielle, le ministre a déclaré qu'"il faut maintenant moderniser les forces de l'ordre et les soutenir". Pour le ministre de l'Intérieur, "la question est assez simple : démontrer à tous ceux qui n'en peuvent plus de cette violence, de cette délinquance, et de ce sentiment (qui est une réalité) d'impunité, qu'on peut être efficace dans le cadre des valeurs républicaines".
Il faut, a-t-il poursuivi, "leur donner les moyens d'agir, de se défendre, revoir l'organisation vraisemblablement de la gendarmerie pour une raison simple : la violence n'est plus que l'affaire des villes, c'est aussi l'affaire de la ruralité et du péri-urbain qui est face à une explosion de violence. Là aussi il faut que nous adaptions nos forces à cette réalité".
Photo d’ouverture : Nicolas Sarkozy, mercredi soir sur TF1 - DR
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