© INTERNEIl l’avait annoncé. Il a tenu parole. A l’instar de son arrivée en charrette au tribunal de Millau pour son procès en juin 2000, Jové Bové a transformé son incarcération en tribune médiatique du combat des anti-mondialisation.
Mercredi matin, aux alentours de 7 heures, il a tout d’abord pris la route pour la prison de Villeneuve-lès-Maguelone à la tête d’un cortège de tracteurs. Le leader de la Confédération paysanne, parti de son domicile du Larzac, a effectué au volant de son engin pas moins de 160 kilomètres. Grossie de cinq camions de la communauté d'Emmaüs et d'une vingtaine de voitures, la caravane a finalement atteint la banlieue montpelliéraine en début d'après-midi – la convocation pour la prison mentionnait 8 heures du matin.
En bagnard
Avant de se constituer prisonnier, José Bové a organisé un dernier rassemblement sur le parking d’une grande surface située à proximité de la maison d’arrêt. Entouré de 400 sympathisants, compagnons ou de militants d’Attac, de la LCR, du PCF, des Verts, de la FSU, il a dénoncé ce qu’il considère être "le premier acte politique du gouvernement issu des élections législatives du 16 juin" : "la répression du mouvement social". "Mon incarcération consiste à dire très clairement au mouvement social, on n'accepte plus la contestation de la mondialisation" explique-t-il. "Je mène un combat juste et légitime pour l'ensemble des citoyens, pour une meilleure alimentation et surtout pour l'ensemble du mouvement social, les exclus, les précaires, les sans-papiers" ajoute-il.
Ultime "coup" médiatique : le franchissement des portes de la prison, où d’importantes forces de l'ordre avaient été déployées. Dans une bousculade, il est arrivé symboliquement enchaîné aux neuf militants poursuivis avec lui, … en tenue de bagnard, digne de Cayenne. Les dix hommes se sont ensuite désentravés et leur leader a passé seul le seuil.
Jeûne
L’incarcération de José Bové, qui fait suite au saccage du restaurant McDonald’s de Millau le 12 août 1999, aurait dû normalement avoir lieu en mai. Mais le procureur général de Montpellier, Paul-Louis Auméras, avait décidé de la repousser pour éviter le téléscopage avec les échéances électorales. C’est donc lundi matin, vers 11h20, que les gendarmes ont apporté la convocation au domicile de l’intéressé.
La peine prononcée par le tribunal de Millau, confirmée en appel à Montpellier, porte sur trois mois de prison ferme. Le syndicaliste a déjà effectué 19 jours lors de sa détention provisoire en 1999. Avec le jeu des remises de peine et des possibilités de liberté conditionnelle, son avocat estime qu’il devrait rester en prison environ 45 jours -soit une sortie vers début août. En attendant, José Bové a annoncé son intention d’entamer un jeûne "au moins jusqu'au 14 juillet".
(photo : José Bové, deuxième à partir de la gauche, juste avant son entrée dans la prison)
Repères
Retour MYTF1
Chargement en cours...





