Viendra ? Viendra pas ? Raimondas Rumsas réserve sa décision. Les enquêteurs du SRPJ de Lyon attendent toujours de pouvoir poser quelques questions au coureur lituanien, troisième du dernier Tour de France, et soupçonné de dopage ; mais aujourd'hui, la parole est à la diplomatie. Rumsas a regagné l'Italie dès dimanche soir après la fin de la course. Sa femme, interpellée dimanche matin à Chamonix, a été écrouée deux jours plus tard à Bonneville pour "administration, offre, cession et aide à l'usage de produits dopants" au terme d'une garde à vue de 48 heures. Le coureur lituanien devait être entendu à son tour mercredi matin. Il aurait donc dû prendre un avion pour se rendre à cette convocation. Mais mercredi, en milieu de matinée, coup de théâtre : son avocat annonçait que Rumsas, qui se trouvait près de Pise et cherchait à se rendre à Milan, lui avait indiqué avoir raté un avion pour Lyon. Puis, au fil des heures, sa venue était apparue de plus en plus hypothétique...
"Il semble que M. Rumsas attende un avis des autorités consulaires et de son ambassade avant de se rendre en France, sachant que l'ambassadeur doit se rendre à Bonneville", a indiqué mercredi, dans l'après-midi, Me Pierre-Louis Piloix, l’avocat lyonnais du cycliste. L'ambassadrice, Asta Skaifgiryte-Liauskiene, a en effet rencontré dans l'après-midi de jeudi sa concitoyenne qui est écrouée dans le quartier pour femmes de la prison de Bonneville. Une rencontre dont le résultat devrait influer directement sur la décision finale de Raimondas Rumsas...
Des résultats négatifs
Au-delà de cette valse-hésitation, le cas Rumsas s'est compliqué par la révélation que le contrôle urinaire fait le 22 juillet avait donné un résultat négatif parfaitement clair. Aucun élément suspect concernant la testostérone ou l'EPO, deux substances donnant lieu généralement à un problème d'interprétation, n'a été relevé par le laboratoire national de Châtenay-Malabry lors de ce contrôle urinaire, le second subi par le coureur lituanien pendant le Tour de France. Ce contrôle avait été opéré suite à un prélèvement sanguin inopiné qui avait donné une indication jugée troublante, à savoir l'augmentation de l'hématocrite (volume global des globules rouges). Si l'analyse de Rumsas n'a pas posé de problème, elle suscite quelques hypothèses embarrassantes. Soit, cela revient à supposer que le Lituanien n'a pas utilisé des produits dopants détectables (EPO par exemple), avant ce contrôle pratiqué lors de la seconde journée de repos du Tour ; soit, cela signifie que les contrôles inopinés n’ont aucune efficacité réelle, et que les fraudeurs passent à travzers les mailles du filet… Dans tous les cas, le coureur, s’il est entendu par les enquêteurs, ne devrait pas manquer de leur opposer ces résultats, preuve de sa bonne foi.
En marge de l'affaire, le ministre des Sports Jean-François Lamour a annoncé un décret pour l'automne sur la lutte contre les trafics de produits dopants, qui portera sur la coopération entre police, douanes et services de répression des fraudes. "C'est une lutte entre le gendarme et le voleur", a-t-il déclaré dans la cour de l'Elysée à l'issue du conseil des ministres, en se refusant toutefois à tout commentaire sur l'enquête qui vise Rumsas. En ce qui concerne la répression du trafic de produits dopants, a-t-il souligné, "il faut absolument renforcer notre dispositif, que ce soit au niveau français mais également au niveau européen et international". Le décret portera sur l'échange d'informations en matière de lutte antidopage entre agents des douanes, de la répression des fraudes, du ministère des Sports et de la police judiciaire.
Photo d’ouverture : Raimondas Rumsas - DR
Retour MYTF1
Chargement en cours...



