© Manreo" Quelle place dans l'Histoire pour Jacques Chirac ? Jusqu'au 21 avril, il était le président le plus médiocre de la Ve République. Le 5 mai, il est devenu le chef d'Etat le mieux réélu, choisi par quatre Français sur cinq quand Giscard rêvait d'en rassembler deux sur trois. Depuis hier, il est celui qui, comme de Gaulle, a échappé à l'attentat d'un militant d'extrême droite. " Tout comme Libération, la presse française et étrangère retient plus ce matin l’attentat manqué contre le président de la République que la première intervention de son nouveau quinquennat. "Dans la ligne de mire ", titre le quotidien de Serge July qui raconte en détails l’événement et notamment la réaction du chef de l’Etat. C’est Nicolas Sarkozy qui a informé Jacques Chirac, lequel aurait simplement répondu : " Ah bon ? ".
" Attentat contre Chirac ", titre choc du Parisien qui dresse un portrait du tireur et rapporte une autre réaction du président, quelques minutes avant son interview télévisée : " Ce n’est pas grave. Une carabine 22 long rifle, ce n’est rien du tout. " Son garde du corps, lui, est beaucoup plus inquiet et passera une garden-party sur les nerfs. France Soir consacre pas moins de 6 pages à l’événement en insistant sur " l’impossible sécurité absolue " pour le chef de l’Etat. L’épisode des crachats reçus par M. Chirac à Mantes-la-Jolie, lors de sa campagne, montre que " rien n’arrête un assassin résolu ".
Le Figaro a choisi de faire passer au second plan l’incident pour se consacrer à l'interview télévisée du président. Et le quotidien de se féliciter : " Jacques Chirac l’assure : les engagements seront tenus ".
Chez nos voisins européens, la quasi totalité des journaux font leur " une " sur un défilé du 14 juillet pas comme les autres. L'ensemble de la presse britannique souligne combien cet attentat rappelle le scénario imaginé par Frederick Forsyth dans son roman " The day of the Jackal ", dont le réalisateur Fred Zinnemann a tiré un film éponyme. M. Forsyth, auteur de romans policiers, raconte comment un tueur professionnel tente d'assassiner dans les années 1960 le président Charles de Gaulle, lors d'une cérémonie à Paris.
Mais à l'instar du romancier lui-même, les journaux soulignent l'amateurisme du tireur Maxime Brunerie. "Mon homme, le Chacal, n'était pas un dingue, c'était un assassin ultra-entraîné qui avait choisi un immeuble comme base, ce qui lui donnait une bien meilleure chance de succès", a déclaré M. Forsyth. "Aucun professionnel n'aurait tenté quelque chose de si peu préparé, avec un tel risque d'être arrêté ou pris", a-t-il ajouté.
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