Les couacs du gouvernement Raffarin

Par , le 13 juillet 2002 à 18h12 , mis à jour le 12 juillet 2002 à 18h21

A peine un mois d'activité gouvernementale et déjà les premières contradictions au sein de l'équipe Raffarin. En ligne de mire, le comportement solitaire du patron de Bercy Francis Mer.

Jean-Pierre Raffarin assemblée © Plurielles

Un état de grâce de courte durée pour Jean-Pierre Raffarin. Quelques semaines après sa nomination et déjà les premiers nuages. Ou plutôt les premiers couacs. Les difficultés du Premier ministre ne viennent pas en effet d’une opposition socialiste aux abonnés absents, ni de la rue mais plutôt de sa propre équipe.

Manque d’expérience ou trop fortes personnalités, les ministres ont depuis quelque temps du mal à harmoniser leurs déclarations. Et la liste est assez longue des contradictions gouvernementales. A peine nommé, le ministre des Transports Gilles de Robien se prononce pour une " amnistie zéro ". La loi a été pourtant votée cette semaine, selon la tradition. Dès sa prise en fonction, la ministre de l’Ecologie Roselyne Bachelot provoque la colère des Verts en estimant que le nucléaire est " l’industrie la moins polluante ". Ce qui l’oblige dernièrement à affirmer qu’elle n’est " ni nucléocrate, ni antinucléaire mais pragmatique ".

Autre dossier à la communication très floue, la télévision numérique terrestre. Le ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon a fait preuve de quelques atermoiements sur un éventuel décalage du projet, provoquant l’inquiétude du CSA et de France Télévision. Sans oublier la franchise de débutant dont a fait preuve le secrétaire d'Etat aux PME Renaud Dutreil en affirmant que " la santé des Français a un prix " et qu’une hausse des prélèvements des cotisations sociales s’imposait pour financer la revalorisation à vingt euros de la consultation des médecins généralistes. Une proposition infirmée par le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé.

Le cas Francis Mer

Mais la cacophonie gouvernementale est montée d’un cran cette semaine avec le débat sur la baisse d’impôts en 2003. Les déclarations contradictoires tenues par le ministre de l’Economie Francis Mer et son ministre délégué Alain Lambert ont provoqué l’exaspération de Matignon et de l’Elysée. Au point que les duettistes ont dû tenir une conférence de presse commune mercredi pour clarifier la position du gouvernement. Sans vraiment convaincre.

Ce matin, la presse s’est également faite l’écho d’une altercation entre Francis Mer et le ministre des Affaires sociales lors du traditionnel séminaire gouvernementale du jeudi. Le patron de Bercy à la fibre libérale a tancé François Fillon qui s’inquiétait d’une rentrée sociale chargée en plans sociaux. " Les licenciements, c’est l’affaire des patrons " aurait-il lancé. Le Premier ministre a dû élever le ton pour calmer le jeu.

Face à ces couacs, Jacques Chirac devrait saisir l'occasion de son interview du 14 juillet pour siffler la fin de la récréation et recadrer l'action du gouvernement. Son entourage le dit très en forme, après sa cure de thalassothérapie à Quiberon et assez inquiet pour un Premier ministre déjà débordé qui ne peut se permettre d’aborder la rentrée avec une équipe divisée.

Par Renaud Pila le 13 juillet 2002 à 18:12
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