© PluriellesEt de deux ! Pour la seconde fois, le Conseil d’Etat, en référé, a donné gain de cause à des organisations d'enseignants et de parents d'élèves qui contestaient une décision du ministère de l'Education visant à l'intégration des écoles bretonnes bilingues Diwan au service public, au nom de la laïcité et de l'unicité de la République,.
Le processus d'intégration des écoles, qui dispensent un enseignement bilingue breton-français par immersion linguistique, avait été interrompu une première fois en octobre 2001 par le Conseil d'Etat. Jack Lang, alors ministre de l'Education nationale, avait alors publié, en avril 2002, de nouveaux textes. L'usage du breton en dehors des cours n'était plus obligatoire mais seulement encouragé et l'inscription dans ces établissements se faisait sur la base du volontariat.
"Vérité idéologique"
Mais, estime le Conseil d'Etat dans un communiqué, dans cette nouvelle mouture la langue régionale "reste à tous les niveaux et pour toutes les matières la langue de l'enseignement", contredisant les dispositions de la loi du 4 août 1994, selon lesquelles "le français est la langue de l'enseignement".Bien plus, le juge des référés a émis un "doute sérieux sur la légalité" de l'arrêté et de la circulaire du ministre, allant "au-delà des exceptions qu'autorise la loi".
"Les arguties juridiques sans fondement dissimulent une vérité purement idéologique: une conception centraliste, parisienne et dogmatique de la culture et du savoir", a estimé Jack Lang lundi soir, "le conseil d'Etat a outrepassé ses pouvoirs juridictionnels en s'immisçant dans un débat politique ou philosophique qui relève (...) du parlement".
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