© INTERNENicolas Sarkozy a présenté mercredi matin en Conseil des ministres son projet de loi sur la sécurité intérieur. Le projet phare du gouvernement est censé permettre de faire reculer l’insécurité, conformément aux promesses de Jacques Chirac. Et le gouvernement semble s’en être donné les moyens, tout du moins au regard des chiffres. Le projet de loi prévoit un budget de 5,6 milliards d'euros sur 5 ans, des moyens financiers très supérieurs à ce qui avait été promis. Un chiffre initialement annoncé évoquait 6 milliards, englobant les deux ministères de la sécurité intérieure et de la justice.
Au total, 18.000 policiers et gendarmes supplémentaires vont être affectés à la sécurité. Aux 13 500 emplois supplémentaires annoncés par le Premier ministre, M. Sarkozy explique qu'il va "rendre définitifs les emplois des 2.162 fonctionnaires recrutés en principe temporairement pour compenser les importants départs à la retraite ces dernières années dans la police". Pour le reste, "il y aura 2.000 nouveaux emplois dans la police et 4.800 dans la gendarmerie au titre des actions de sécurité de proximité, qui vont de l'accueil des victimes à l'îlotage". M. Sarkozy annonce enfin que "la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée gagnera 300 emplois dans la police et 300 dans la gendarmerie", que la police aux frontières (PAF) "sera renforcée de 700 hommes" et que "la sécurité routière en obtiendra 1.200".
Un rapprochement historique entre la police et la gendarmerieComme annoncé, le projet consacre le rapprochement historique entre la police et la gendarmerie avec une enveloppe distribuée presque à parité entre les deux corps. Rapprochement à haut risque, avec des policiers qui, tout en ayant trouvé leur ministre "volontaire et décidé" craignent une "militarisation" de leur corps, et des gendarmes qui réclament une place plus importante dans certains "bastions" de la police tels que les offices centraux. Ils devront toutefois s'engager "ensemble et sans arrières-pensées corporatistes", leur a répondu Nicolas Sarkosy qui ne veut plus de "querelles de boutons."
Pourtant critiquée par une partie de la droite, la police de proximité est confirmée. Son action judiciaire sera accrue. Les vingt-huit groupements d'intervention régionaux (GIR) déjà en place y joueront leur rôle en "finalisant" les enquêtes judiciaires que la police de proximité aura générées et en procédant aux interpellations nécessaires. De même, ses effectifs seront confortés par la participation des forces mobiles de sécurité puisque la plupart des CRS et escadrons de gendarmerie mobile seront employées en priorité sur le terrain de leurs zones de cantonnement et non plus envoyées à l'autre bout de la France pour des opérations de maintien de l'ordre.
Lutte contre l'absentéisme scolaire
Parallèlement, le rôle des maires sera renforcé en faveur de la sécurité de proximité. Ils participeront aux choix des secteurs où porter les efforts, à l'élaboration des objectifs et seront informés des résultats.
A noter également que les "sanctions" contre les parents qui ne respectent pas l'obligation scolaire de leurs enfants seront "aggravées".
Il en ira "de même pour les responsables de lieux publics qui accueillent des mineurs pendant les horaires scolaires ou pour (celles) qui les emploient ou les rémunèrent illégalement pendant ces mêmes horaires", ajoute le projet de loi.Le contrat-jeune Le "contrat jeune", destiné à favoriser l'emploi des jeunes peu ou pas diplômés, est présenté ce matin par François Fillon au Conseil des ministres. Il prévoit une exonération complète des charges (sociales) applicable au 1er juillet 2002", pour l'emploi des jeunes peu qualifiés, afin de "ne pas décourager le travail", avait déclaré Jean-Pierre Raffarin lors de son discours de politique générale à l'Assemblée. (Lire aussi 300 contrat-jeunes allégés fiscalement )Le texte doit être examiné par le Parlement fin juillet ou début août, afin de permettre une entrée en application de la mesure avec effet rétroactif au 1er juillet. |
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