© INTERNEDix semaines après sa réélection, le chef de l'Etat a inscrit clairement l'action du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin dans la ligne de sa campagne présidentielle, promettant au cours de sa traditionnelle interview télévisée du 14 juillet que "les engagements seront tenus, et au-delà". A aucun moment, durant son intervention d'une heure, le président Chirac n'a évoqué la tentative d'attentat qui l'a visé alors qu'il passait les troupes en revue près de l'arc de Triomphe, avant que ne débute le défilé.
"Donner une nouvelle impulsion à la France"
S'il a accordé un satisfecit à la nouvelle équipe gouvernementale, assurant qu'"il faut revenir loin en arrière pour trouver un tel bilan en deux mois", il s'est gardé de tout triomphalisme : "le temps pour moi n'est pas à la satisfaction, il est à la responsabilité et à l'action". Alors que de premiers grains de sable avaient paru gripper l'action du gouvernement, avec quelques déclarations ministérielles contradictoires, Jacques Chirac a assuré n'avoir "rien remarqué de tel". Libéré des contraintes de la cohabitation, il a insisté sur la nécessité de "donner une nouvelle impulsion à la France", se prévalant de sa "détermination" et de son "enthousiasme".
Pas d'amnistie politique
Selon le président de République, il n'a "jamais été question d'aucune façon de remettre en cause quoi que ce soit sur le plan de l'amnistie politique, l'abus de bien social et toutes ces choses-là". Il s'est "étonné" de la "polémique" apparue sur un éventuel toilettage de la loi sur les abus de biens sociaux et s'est dit "heureux de pouvoir rappeler (sa) position et celle du gouvernement". Avec combativité, il a accusé "ceux-là même qui il y a une dizaine d'années avaient donné le mauvais exemple", allusion à la loi d'amnistie du gouvernement de Michel Rocard, d'être à l'origine de cette polémique.
Baisser les charges et les impôts : une question de survie
Le chef de l'Etat, qui a abordé tous les sujets de la politique gouvernementale, a pris soin de ne pas lier Matignon et Bercy par des chiffres ou un calendrier sur la baisse des impôts. Il a réaffirmé la nécessité d'une baisse générale des charges, déjà engagée par l'équipe de Jean-Pierre Raffarin. "Cette action sera poursuivie au rythme que le gouvernement et le Parlement détermineront", a-t-il dit, faisant valoir qu'il ne s'agissait pas d'un "credo idéologique" mais d'un "choix de survie". Il a toutefois exprimé sa confiance dans la croissance: "Je ne pense pas du tout que la rigueur soit à l'ordre du jour".
Au passage, Jacques Chirac a tenu à afficher sa fibre sociale et a donné raison à François Fillon (Affaires sociales) contre Francis Mer (Economie) dans le différend qui les oppose à propos des plans sociaux. Il a ainsi plaidé pour une "structure" permettant au gouvernement "d'intervenir massivement pour apporter des solutions lorsqu'il y a des plans sociaux".
"Trois grands chantiers"
Au chantier de la lutte contre l'insécurité et à celui de la baisse des charges, qui avaient dominé sa campagne électorale, de façon inattendue, il en a ajouté trois: la "sécurité routière", la "lutte contre le cancer" et l'insertion "des handicapés". S'il a peu abordé les questions internationales, et singulièrement l'Europe, il a pris vigoureusement la défense de la politique agricole commune (PAC) que la commission de Bruxelles entend réformer avant l'élargissement. "Je ne sacrifierai pas la capacité française à être le premier exportateur mondial de produits agricoles transformés et le deuxième exportateur mondial de produits agricoles avec tout ce que cela représente comme activités et aussi comme puissance", a-t-il martelé.
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