© INTERNEJosé Bové a gagné une bataille mais pas la guerre. Le juge de l'application des peines (JAP) a en effet ordonné vendredi matin sa remise en liberté immédiate. Mais, détenu depuis le 19 juin dernier à la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault) pour avoir dégradé un restaurant McDonald's en 1999, le leader de la Confédération paysanne restera encore quelques jours en prison.
Selon Me Roux, le JAP a motivé sa décision en estimant que M. Bové "remplissait les conditions qui conduisent usuellement à accorder une libération conditionnelle". Me Roux s'est dit "extrêmement choqué" par l'appel du parquet, ajoutant qu'il n'en "comprenait pas les motivations juridiques". Citant son client, à qui l'avocat est allé rendre visite en prison pour l'informer de la décision, Me Roux a ajouté que José Bové "se considère plus que jamais comme un détenu politique en état de résistance et avec lui l'ensemble du mouvement social".
Comment expliquer la décision du Parquet de Montpellier ? La raison est simple : dès mercredi, le procureur de la République de Montpellier avait indiqué qu'il s'opposerait à la libération du porte-parole de l'anti-mondialisation, craignant un risque de récidive dans les actions commando anti-OGM et une menace de trouble à l'ordre public. Le syndicaliste devra donc patienter jusqu'au 1er août 2002, date à laquelle il bénéficiera de la traditionnelle grâce présidentielle du 14 juillet.
Argumentaire
Le défenseur de José Bové, Me François Roux, avait invoqué la santé précaire de son client. Depuis son jeûne entamé le 19 juin dernier, le syndicaliste aurait en effet maigri de 10 kilos. Un autre argument avait été avancé : José Bové possède une demeure fixe dans l'Aveyron où il doit s'occuper de ses terres agricoles. Il serait donc aisément réinsérable.
José Bové avait été incarcéré le 19 juin après le rejet par la cour de cassation d'un pourvoi le condamnant à trois mois de prison ferme pour les dégradations visant le chantier d'un restaurant McDonald's de Millau (Aveyron) en septembre 1999.
Photo AFP : José Bové, à la fenêtre de la salle de douche de la prison de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), le 27 juin 2002.
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