Paris poursuit sa chasse aux voitures

Par , le 18 juillet 2002 à 07h00 , mis à jour le 17 juillet 2002 à 10h16

Depuis un an, la mairie de Paris a mis en chantier une profusion de projets pour limiter l'usage de l'automobile. Premiers désagréments et premier bilan.

Bouchons - Départs en vacances © INTERNE

Depuis plusieurs mois, les Parisiens ont dû changer leurs habitudes pour circuler. Non sans mal. Voies de bus élargies, boulevards " rétrécis ", axes de transit tout simplement supprimés, quartiers verts… Désengorger les rues de la capitale était en effet l’un des engagements forts de Bertrand Delanoë lors de son arrivée. Un an après, la mairie de Paris veut tenir le cap et affiche une satisfaction prudente. Mardi, Denis Baupin, l’adjoint (Vert) au maire de Paris chargé de la circulation a tenu à faire un premier bilan sur l’évolution du trafic.

La voiture en léger recul

Premier constat, une légère hausse de la fréquentation des transports en commun sur le premier trimestre, les déplacements en véhicules individuels ayant un peu diminué. Selon les chiffres désormais trimestriels du bulletin de l'observatoire des déplacements, le nombre de voyages en métro et RER s'est accru de 1% et celui des voyages en bus de 2%. Denis Baupin s’est félicité de la hausse de l’usage de l’autobus et y voit les premiers fruits du programme " Mobilien " qui porte sur l’amélioration de 17 lignes sur cinq ans.

Elles bénéficieront à terme de quatre atouts: circulation plus rapide, fréquence accrue des bus, meilleure information des usagers et plus grand confort avec une ventilation des véhicules l’été. Mais ce plan ne va pas sans heurts. L’aménagement de la ligne phare, la ligne 38 entre porte d’Orléans et gare du Nord, fait l’objet d’intenses discussions avec le préfet de police qui a le pouvoir de décision sur cet axe nord-sud; la création d’un double couloir de bus pose des problèmes de sécurité vers le boulevard St-Michel, un quartier très fréquenté par les piétons.

Une circulation plus dangereuse ?

Autre problème que ne nie pas la municipalité, la plus grande insécurité de ces nouveaux couloirs de bus. Pour protéger certains croisements dangereux (rue de Rivoli ou boulevard Sébastopol), un système de feux décalés est actuellement en test, les bus et taxis précéderaient les automobilistes voulant tourner à droite. Plus préoccupante, l’augmentation constante des accidents de deux roues qui se plaignent de ne plus pouvoir emprunter les couloirs protégés. Pas question de revenir sur cette décision, selon Denis Baupin qui met plutôt l’accent sur de nouvelles campagnes de sécurité pour les motocyclistes.

Sur une première année de résultats, la mairie de Paris veut se convaincre que sa stratégie est la bonne : la réduction forcée de l’espace de circulation conduirait bien à une baisse du trafic automobile et son cortège de nuisances. Au regard des chiffres, le bilan est toutefois mitigé et la circulation dans Paris souvent une école de patience. " On ne peut pas inverser en une année quarante ans de mauvaises 'habitudes " assure Denis Baupin.

L’adjoint au maire promet aussi une amélioration de la concertation si nécessaire. De la concertation, le XIVème arrondissement en a bien besoin. Depuis le 1er juillet, ce premier " quartier vert " a été transformé en véritable labyrinthe pour décourager définitivement l’automobiliste. Face à la colères des riverains, Denis Baupin a prévu d'effectuer ce matin une visite de terrain. Pour évaluer les problèmes et éventuellement revoir certaines restrictions à la circulation.

Par Renaud Pila le 18 juillet 2002 à 07:00
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