© INTERNE"L'horreur". C'est le terme employé ce matin par le secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice Pierre Bédier pour qualifier l'agression hier après-midi de trois policiers par des jeunes à Pantin (Seine-Saint-Denis). "Ce sont des choses qu'on ne voyait pas il y a quelques années, ce qui prouve bien que face à cette montée de la délinquance, et en particulier de la délinquance des mineurs, il faut que la société apporte des réponses de très grande fermeté" a-t-il affirmé au micro d'Europe 1.
Le bilan de l'agression est lourd : un des trois fonctionnaires était toujours hospitalisé ce matin. La gardienne de la paix stagiaire est sortie du service des soins intensifs de l'hôpital Lariboisière après avoir subi une opération de la mâchoire. Son collègue adjoint de sécurité est profondément choqué. Retour sur un fait divers qui ne devrait pas manquer d'être évoqué lors de l'examen des projets sécurité et justice au Sénat et à l'Assemblée.
Aux alentours de 14 heures, mercredi, les policiers - un gardien de la paix, une gardienne stagiaire et un adjoint de sécurité (ADS) - circulent à VTT dans la rue des Pommiers, dans le quartier des Hauts-de-Pantin. Ils auraient alors été abordés par un jeune homme qui leur fait signe d'approcher. De quoi alimenter la thèse du "guet-apens" immédiatement soulevée par les policiers. Certains parlent d'un jeune en train de fumer du haschich. Reste qu'au moment de procéder à un contrôle d'identité, les forces de l'ordre sont brusquement rouées de coups par une dizaine de jeunes qui ont pu subtiliser le tonfa (un bâton de défense utilisé par les policiers) de la gardienne stagiaire.
Le "harcèlement" des policiers
Alertés par les riverains, les policiers du département arrivent en renfort et investissent la cité pour appréhender les agresseurs réfugiés dans un immeuble voisin. Quatre jeunes dont un mineur de 11 ans sont rapidement interpellés. Déjà connus des services de police pour des faits de vols avec violence, ils ont été auditionnés hier soir par la sûreté départementale chargée de l'enquête. Leur garde à vue devrait être prolongée cet après-midi. Un cinquième jeune, âgé de 22 ans, a été placé en garde à vue.
Comment expliquer cet acte ? Sur place, des jeunes de la cité des Pommiers, lieu qui ne passe pas pour être un quartier chaud, invoquent le "harcèlement" quotidien des policiers. "Les keufs ont plaqué un jeune contre un mur et c'est pour ça que ça a dégénéré", raconte à l'AFP Medhi, 22 ans. Autre explication : "Hier, des collègues ont procédé à divers contrôles aux abords de la cité. Ils ont notamment saisi plusieurs petites motos (des "PW") interdites à la circulation. Cela n'a pas plu du tout aux jeunes de la cité", affirme Gilles Petit, délégué Seine-St-Denis du syndicat SGP-FO.
L'affaire pourrait relancer la polémique sur les "moyens humains et matériels" de la police pour accomplir sa mission. SGP-FO s'étonne notamment qu'il n'y ait "qu'un seul flashball" dans le commissariat de Pantin. "Et encore, il est utilisé par les seuls fonctionnaires de la Bac", note Gilles Petit.
La scène a eu des témoins... elle a même été filmée au camescope par un voisin. La cassette a été récupérée par les enquêteurs, qui espéraient pouvoir reconstituer l'agression. Espoir déçu : l'enregistrement est apparu inexploitable. "La cassette ne montre rien. Il semblerait qu'il y ait eu un problème technique", indique un policier. |
Photo AFP : les enquêteurs au travail, mercredi à Pantin
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