© INTERNEIl y eut les épisodes Robien, Mer, Lambert et Dutreil. Voilà maintenant que les propos du Premier ministre en personne viennent prêter à confusion, nécessitant une immédiate explication de texte gouvernementale à l'adresse des Français peu au fait du vocable "raffarinesque".
Petit rappel des faits. S'exprimant lundi lors de l'inauguration des locaux de France 3 à La Rochelle (Charentes-Maritimes), Jean-Pierre Raffarin, ancien conseil en communication, avait surpris tout le monde en déclarant que "compte tenu de la situation de l'emploi", le dossier des charges sociales serait "prioritaire" par rapport à la baisse des impôts. Un sérieux changement de cap après les promesses électorales du candidat Chirac qui, une fois élu, n'avait pas hésité à placer au premier plan de ses priorités la baisse des impôts, considérée à l'époque comme un "signal fort" lancé à l'adresse des Français.
Une situation en forme d'aubaine pour une opposition encore groggy. François Hollande (PS) dénonce aussitôt le "louvoiement" du gouvernement tandis que le PCF parle de "gros mensonge" et de "renoncement" chiraquien.
"Les rumeurs et les procès d'intention, ça commence à bien faire !"
Soucieux d'éteindre l'incendie naissant, le gouvernement a finalement rectifié le tir mardi en début d'après-midi et affirmé qu'il n'y aurait "ni pause ni changement de cap". "Les rumeurs et les procès d'intention, ça commence à bien faire", a lancé Jean-François Copé, le porte-parole du gouvernement. "Quelle que soit l'hypothèse de croissance définitivement retenue, il y aura bien baisse des charges, baisse des impôts pesant sur les ménages et baisse des impôts pesant sur les sociétés", a-t-il déclaré, ajoutant que le gouvernement définira "en fonction des dernières hypothèses de croissance le rythme et le montant des baisses d'impôt".
Une petite phrase pas anodine. Car M. Copé s'est bien gardé de donner la prévision de croissance qui sera retenue par le gouvernement pour établir son budget 2003. Or, c'est bien là que se situe le "hic". Le gouvernement a bâti ses prévisions de dépenses en 2003 sur une croissance de 3 %. Un chiffre jugé aujourd'hui "très optimiste" par de nombreux experts qui penchent plutôt pour une fourchette se situant entre 2 % et 2,5 %. Qu'adviendra-t-il si la situation économique s'avère plus difficile que prévue ? Le gouvernement pourra-t-il respecter la baisse d'un tiers de l'impôt sur le revenu sur cinq ans promise avant l'été ? Restera-t-il sur cette antienne "Ni pause ni changement de cap" ? Jean-Pierre Raffarin, qui se dit volontiers "soucieux de la situation des familles les plus modestes", devra prendre prochainement des mesures délicates.
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