© INTERNEUn tueur en série rôde-t-il dans le secteur d’Amiens, dans la Somme ? Depuis le mois dernier, les habitants en sont persuadés. La nouvelle découverte macabre de ce mercredi ne pourra que renforcer leur conviction.
Vers 7h, des employés d'une usine proche trouvent un fourgon à l'entrée de Villers-Bretonneux, sur un chemin isolé bordant un champ de maïs, le long d'une voie ferrée près de la route nationale 29 menant à Amiens. Le véhicule, un Citroën blanc "Jumpy" appartenant à une société de BTP, est vide, une de ses vitres est baissée. Il a été signalé manquant par une entreprise d'Arras, dans le Pas-de-Calais. Surtout, il est tâché de sang et des traces rouges sont également visibles sur le sol.
Les gendarmes sont rapidement prévenus. A leur arrivée, ils découvrent sous le fourgon la dépouille d’une jeune femme, "dans un sale état" selon un enquêteur. Agée d’une vingtaine d’années, mesurant 1,60 m et vêtue d’un jean bleu, elle n’a pas encore été identifiée. Les policiers affirmaient cependant mercredi matin que la victime était originaire de Villers-Bretonneux.
La zone autour du lieu de la découverte du corps est rapidement bouclée dans un périmètre de 200 mètres. Des équipes cynophiles et des hommes de l'Institut de recherche et de criminologie de la gendarmerie de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) se rendent ensuite sur place à la recherche d'indices. L'enquête leur a été confiée conjointement avec leurs collègues d’Amiens.
Dans un rayon de 30 kilomètres
Les enquêteurs devront déterminer s’il existe un rapport avec les meurtres d’Elodie Kulik et Patricia Leclerq. Les deux jeunes femmes ont été retrouvées mortes dans des circonstances similaires –un chemin isolé près de la route nationale menant à Amiens-, à quelques kilomètres de Villers-Bretonneux. Elodie Kulik, 24 ans, surnommée la "banquière de Péronne", a été découverte le 12 janvier, en partie calcinée, dans un champ à quelques kilomètres de Péronne. Elle avait été violée puis tuée. Le 8 juillet, c’est le corps meurtri de Patricia Leclercq, 19 ans, qui a été retrouvé à Ville-sur-Ancre, près d'Albert. Disparue au soir du 6 juillet, l’autospie a montré qu’elle avait été rouée de coups puis écrasée par un véhicule, sans être violée.
Le procureur de la République de Péronne, Jean-Philippe Vicentini, se basant sur les points concordants, avait expliqué en juillet que l'hypothèse d'un crime commis par un même auteur ou un même groupe était envisagée mais pas avérée. "Il y a des points concordants mais il ne faut pas se focaliser là-dessus" avait-il estimé. Mais ce troisième meurtre acrédite plus que jamais la thèse du "serial killer".
(photo : les gendarmes cherchent des indices près du fourgon)
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