© INTERNEAu cœur de la rentrée littéraire, moment-clé pour tout le secteur, l'affaire du "Rose bonbon" constitue un couac dont les prestigieuses éditions Gallimard se seraient bien passées.
Sorti le 26 août et tiré à 4.000 exemplaires, le roman ne sera plus distribué par l'éditeur. "L'association L'enfant bleu nous a appelé pour exprimer son indignation à partir d'extraits du livre qu'elle a reçus. Emu par cette réaction, nous avons pour l'instant décidé de ne plus servir les commandes des libraires", déclare-t-on chez Gallimard.
L'ouvrage sulfureux, vendu avec un bandeau disant : "Amours mineures", raconte, à la première personne, la vie d'un pédophile d'une trentaine d'années irrésistiblement attiré par les petites filles et qui agresse sexuellement dans un cinéma une fillette et frappe sa mère. "Tout a commencé quand j'ai repéré Dorothée (...). J'adore regarder le visage des gosses quand (Blanche-Neige) croque la grosse pomme toute rouge, leur bouche en cercle, leurs yeux qui s'allument, le feu sur les joues", écrit-il. Ce roman, qui a fait l'objet d'intenses conversations au sein de la maison d'édition avant que soit finalement décidée sa publication, "n'est évidemment pas une apologie de la pédophilie. L'auteur a voulu se mettre du côté de l'ogre, du côté d'un homme qui n'a aucune excuse pour agir ainsi", a-t-on ajouté.
Poursuites pénales ?
L'avocat de L'enfant bleu, Yves Créspin, compte saisir dès lundi le procureur de la République de Paris pour qu'il engage des poursuites pour "diffusion de la représentation d'un mineur dans une situation à caractère pornographique". Maître Créspin se réserve la possibilité de déposer une plainte avec constitution de partie civile si la justice n'engage pas de poursuites.
De son côté, la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) dénonce une "atteinte à la liberté d'expression". "Dénier aux écrivains le droit d'aborder des faits de société, comme la pédophilie, au travers d'une œuvre de fiction, constitue une grave atteinte à la liberté de création et d'expression. Aborder la pédophilie dans une fiction ne peut être considéré ipso facto comme une apologie de ce crime", écrit la LDH, invitant l'éditeur à "assumer ses responsabilités vis à vis de l'auteur du roman".
Retour MYTF1
Chargement en cours...



