© INTERNELa jeune fille dont le corps a été retrouvé mercredi matin près de Villers-Bretonneux, près d'Amiens dans la Somme, a été identifiée jeudi. Elle s'appelait Christelle Dubuisson et avait 18 ans. Elle faisait partie d'une famille de 8 enfants dont les parents étaient divorcés. Elle vivait dans un foyer d'Amiens mais passait ses week-end et ses vacances chez des proches à Villers-Bretonneux. Elle parcourait alors souvent à pied les 3 km séparant ce bourg du village voisin de Fouilloy, où elle avait vécu toute son enfance chez ses parents et où elle avait gardé de nombreux amis. Pour effectuer le trajet, elle empruntait alors le chemin de terre où elle a été retrouvée, un raccourci par rapport à la route départementale RN 29 menant à Amiens.
Son père a indiqué qu'elle avait quitté son domicile mardi "à 20 heures pour acheter des cigarettes". La gendarmerie ajoute qu'il "ne s'est pas étonné de son absence car c'est une jeune fille de 18 ans qui avait l'habitude de se balader et d'aller une fois chez son père à Villers, une fois chez sa mère à Corbie" (NDLR: un bourg voisin que l'on peut rallier par ce chemin de terre).
Pas de sévices sexuels
L'autopsie a confirmé que Christelle n'avait pas été violée et n'avait pas subi de sévices sexuels. En revanche, elle a confirmé une mort violente. "Le corps porte de nombreuses coupures. Elle a été victime d'une hémorragie causée par une large coupure au niveau de la jugulaire" précise la gendarmerie.
Sur place, plusieurs dizaines de gendarmes assistés par l'armée ont mené un ratissage systématique du lieu où le corps a été découvert, à la recherche d'éventuels indices. Les gendarmes se sont également intéressés à l'entreprise BTP France Rabotage qui possédait le fourgon sous lequel Christelle a été découverte. Le véhicule était censé se trouver à un dépôt à Arras (Pas-de-Calais). "Le véhicule n'avait pas été signalé volé et il n'y a pas de traces d'effraction. Tous les salariés de ce dépôt sont en train d'être interrogés" souligne la gendarmerie. "Les expertises vont être longues car c'était un véhicule de chantier, utilisé par beaucoup de monde".
Dans un rayon de 30 kilomètres
Les enquêteurs devront déterminer s’il existe un rapport avec les meurtres d’Elodie Kulik et Patricia Leclerq. Les deux jeunes femmes ont été retrouvées mortes dans des circonstances similaires –un chemin isolé près de la route nationale menant à Amiens-, à quelques kilomètres de Villers-Bretonneux. Elodie Kulik, 24 ans, surnommée la "banquière de Péronne", a été découverte le 12 janvier, en partie calcinée, dans un champ à quelques kilomètres de Péronne. Elle avait été violée puis tuée. Le 8 juillet, c’est le corps meurtri de Patricia Leclercq, 19 ans, qui a été retrouvé à Ville-sur-Ancre, près d'Albert. Disparue au soir du 6 juillet, l’autospie a montré qu’elle avait été rouée de coups puis écrasée par un véhicule, sans être violée.
La gendarmerie estime qu'il n'existe pour l'instant aucune preuve que les trois crimes aient été commis par la ou les mêmes personnes. Le procureur de la République de Péronne, Jean-Philippe Vicentini, se basant sur les points concordants, avait expliqué en juillet que l'hypothèse d'un crime commis par un même auteur ou un même groupe était envisagée mais pas avérée. "Il y a des points concordants mais il ne faut pas se focaliser là-dessus" avait-il estimé. Mais ce troisième meurtre acrédite plus que jamais la thèse du tueur en série, que la plupart des habitants du secteur ont déjà fait leur.
(photo : un ancien cliché de Christelle Dubuisson)
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